Samedi 27 septembre 2014
1h 52mn

Une symphonie imaginaire

Ce matin, je vous propose d’écouter une symphonie imaginaire pour commencer la journée. C’est drôle comme les idées apparaissent en même temps : dimanche dernier, Bruno Mantovani vous a proposé d’écouter une symphonie, la n° 3 de Robert Schumann dont chaque mouvement était dirigé par un chef différent. L’exercice était fort intéressant. Aujourd'hui, nous composerons une symphonie qui retracera un peu l’histoire du genre.

Une symphonie imaginaire
Friedrich, Caspar David - Deux hommes à la mer pour crépuscule

7h00 | Journal
7h40 | La chronique du petit matin par Marie Faucher
7h50 | Musique vintage
8h10 | Balade dans l'art avec le journal La Croix
8h25 | Parlez-moi de musique, le souvenir musical d'un auditeur
8h30 | Le fabuleux monde des archives par Jean-Yves Patte
8h45 | Actualités ( disque, concert, festival, édition...)
8h50 | Musique en miroir

Programmation musicale

Joseph Haydn - Symphonie en mi bémol Majeur
Adagio allegro con spirito
Chamber orchestra of Europe
Claudio Abbado, direction
DGG 449204-2

Ludwig van Beethoven - Symphonie n°3 en mi bémol majeur opus 55
Marche funèbre : Adagio assai
La chambre Philharmonique
Emmanuelk Krivine, direction
NAIVE

Gustav Mahler - Symphonie n° 1
Feirlich und gemessen, ohne zu schleppen
Chicago symphony orchestra
Pierre Boulez, direction
DGG 459610-2

La chronique du petit matin

par Marie Faucher MUSIQUE CONTEMPORAINE : Le compositeur Francesco Filidei

musica
musica

En ce premier jour d’automne je n’ai pas résisté ! D’autant que Francesco Filidei, le dit jeune compositeur italien dont je veux vous parler aujourd’hui à un regard sur cette fameuse histoire d’automne italien, sur cette histoire qui sont ses racines.
Au tout début chez Francesco Filidei il y a le geste, le son et une question « d’où viens-je ? ». Le son ce sont des mugissements qu’il emprisonne avec le geste de l’écriture sur le papier. Son premier travail de compositeur a été d’inventer une notation graphique qui lui a permis de libérer le son de sa cage. Et grâce à cette trouvaille personnelle il peut noter n’importe quel son, et même n’importe quel bruit.
L’idée c’est de libérer le son et de chercher son origine. Filidei est passé par ce qu’il appelle une période de Carême. Le son se perd, comme on maigrirait en jeûnant. Une quête de la naissance du son qui en passe par la perte du son. On entend bien cela dans son concertino d’autunno qui date de 2007. Un son qui disparaît, qui est ranimé aussitôt, à travers mille recherches de couleurs, de timbres… et puis ça et là on entend les traces de l’histoire comme des souvenirs. Avec cette finesse de l’articulation, cet humour, cette légèreté, on dirait un peu une boule à facette musicale. Il y a quelque chose qui créé la vie dans la musique de Filidei. On peut dire que ce sont les proportions, les alternances entre les forte et piano, les contrastes de densité du son aussi. Oui, c’est tout cela en même temps. C’est une espèce de raffinement indicible. En cela aussi c’est très baroque. Filidei est venu à la musique (comme d’autre compositeurs d’ailleurs) avec l’orgue. Le piano, il le compare à une baleine noire avec des dents blanches sortie d’un film de Myazaki. Alors qu’il dit de l’orgue qu’il « offre la possibilité de s’exprimer avec les mains, les pieds et la tête, d’avoir un orchestre entier et un espace infini à gérer en même temps. » Mais surtout le plus important c’est la composition en direct avec les improvisations et les rapports avec l’histoire.

Si vous êtes strasbourgeois, et si vous êtes parisiens, courez découvrir son nouvel opus (qui est en fait une nouvelle version d’un pièce de 2011). Le 7 octobre à Strasbourg au festival Musica, le 9 à la cité de la musique à Paris.

Francesco Filidei - Concertino d’Autunno (extrait)
Ensemble Next Mushroom Promotion
Enregistré au festival de Takefu le 7 septembre 2012 (non commercialisé)

Francesco Filidei - Fiori di fiori (extrait)
Emilio Pomarico, direction
Orchestre WDR de Cologne
Enregistré le 1er février 2013 (non commercialisé)

Francesco Filidei - Dormo molto amore (extrait)
Neue Vocalisten Stuttgart
Enregistré à la biennale de Venise le 10 octobre 2013
&
Josquin Desprez - Messe sur « l’homme armé »
Kyrie
Maurice Bourbon, direction
Ensemble les métamorphoses

Antonio Vivaldi - Les quatre saisons
L’automne : 1er mouvement
&
Antonio Vivaldi - Concerto en fa majeur op. 8 RV 293

Musique vintage

Richard Strauss
Richard Strauss

Richard Strauss - Symphonie N° 41 K 551
Menuetto : Allegretto
Richard Strauss, direction
KORI 3- 7076-2 H1

Balade dans l'art

par Sabine Gignoux Ce matin, Sabine Gignoux nous raconte deux histoires d’œuvres d’art, dignes d’un roman policier. La première concerne une sculpture actuellement présentée au musée Maillol à Paris, dans le cadre d’une exposition sur les Borgia. La deuxième histoire est liée au grand chef d’œuvre de Monet, "Impression, soleil levant".

borgia
borgia

La première oeuvre est une petite Pietà en terre cuite que le musée présente comme « attribuée » à Michel-Ange. Elle a été dénichée en 2003 chez un antiquaire italien par un chirurgien, fasciné par l’anatomie très réaliste du corps du Christ. On lui a vendu comme une sculpture baroque napolitaine. Il l’a confiée à des restaurateurs qui ont retiré plusieurs couches de peinture polychrome. Puis la Piéta a été soumise à des experts dont, c’est là que cela devient amusant, un expert de la cabbale et de l’ésotérisme, auteur d’un livre sur les Secrets de la chapelle Sixtine au Vatican. Il s’appelle Roy Doliner. Sur sa carte de visite, il a fait inscrire en toute simplicité : Roy Doliner, uomo universale. Eh bien figurez-vous que cet homme universel est persuadé d’avoir retrouvé dans cette petite Pieta en terre, le modèle de la célèbre Pieta en marbre du Vatican. Il a même reçu le soutien de plusieurs historiens d’art, dont Mina Gregori, grande spécialiste de Caravage.
Des analyses en laboratoire auraient daté l’œuvre de la fin du XVe siècle, comme la grande Piéta de marbre. Or à l’époque ce motif de la Vierge portant le Christ mort était très rare en Italie, on ne le trouvait qu’au Nord des Alpes. C’est d’ailleurs un Français, le cardinal de Lagraulas, ambassadeur du roi de France à Rome, qui a eu l’idée de commander ce motif à Michel-Ange. Surtout, on a retrouvé il y a quelques années des documents mentionnant le legs par Michel-Ange d’un modèle en terre cuite de la Pieta, à l’un de ses assistants… Malheureusement, rien ne prouve qu’il s’agit de la sculpture exposée à Paris. Jean-René Gaborit, ancien conservateur en chef des sculptures au Louvre est formel : pour lui, ni la polychromie de la sculpture, ni les drapés assez frustes de la Vierge, ne peuvent être de Michel-Ange. Le Christ est beaucoup plus beau, mais le vérisme de son ventre qui tombe légèrement, n’a rien de michelangelesque. Et puis, un détail : seule sa tête repose sur les genoux de la Vierge en terre cuite alors que dans la grande Piéta de marbre, Marie porte tout le corps de son fils. Bref, il faut être très prudent. Comme pour le petit Christ en bois également exposé au musée Maillol et aussi attribué à Michel-Ange. Il a été acheté par la patronne des musées de Florence en 2008 pour 3,2 millions d’euros. Et cela lui vaut aujourd’hui un procès en appel, car la Cour des comptes italienne a estimé la somme beaucoup trop élevée pour une œuvre dont l’attribution divise les experts.

Impression soleil levant - Claude Monet
Impression soleil levant - Claude Monet

On croyait tout savoir sur "Impression soleil levant", ce tableau tellement moqué par la critique en 1874 lors de la première exposition du peintre et de ses amis, qu’il a donné son nom à leur mouvement, «Les Impressionnistes ». Et voilà qu’une exposition au musée Marmottan révèle que ce tableau était en réalité truffé d’énigmes. C’est bien simple, jusqu’à aujourd’hui, on ne savait ni ce qu’il représentait exactement, ni sa date de réalisation. Est-ce une vue du port du Havre, au soleil levant ? On n’en était pas sûr car Monet a seulement baptisé son tableau « Impression ». Et on lui a ajouté tour-à-tour « soleil levant » ou « soleil couchant ». Alors pour en avoir le cœur net, les commissaires, Marianne Mathieu et Dominique Lobstein, ont exhumé des photos et des plans du vieux port du Havre, détruit par les bombardements de 1944. Et ils ont cherché à retrouver où Monet s’était placé pour peindre son tableau. D’après les grues visibles sur la peinture à droite, et la cheminée fumante à gauche, ils ont déduit que le peintre s’était posté à l’Hôtel de l’Amirauté, face à l’Est, donc face à un soleil… levant. Mais ils ont aussi remarqué un indice très intéressant. Monet se trouvait en face d’une écluse ouverte sur son tableau, ce qui correspond aux trois heures de pleine mer. Et là, ils ont fait appel à un astrophysicien du Texas qui a calculé d’après l’azimut du soleil sur l’horizon, les horaires des marées, les bulletins météo de l’époque publiés dans le Times et même la direction du vent visible sur le tableau : le jour exact où Monet l’a peint. C’est, tenez-vous bien : le 13 novembre 1872 à 7h35 du matin ! Quand je vous disais que l’histoire de l’art ressemble parfois à une véritable enquête policière !

♫ EXTRAITS

Maurice Ravel - Jeux d’eau
Alice Ader, piano
FUGAL FUG592

Mel Bonis - Onze pièces pour le piano
Près du ruisseau
Maria Stembolskaya, piano
LGIA LIDI 0103214-10

Parlez-moi de musique

Et voici revenu le moment de notre séquence « Parlez-moi de musique », ou nous découvrons un texte en lien avec la musique et envoyé par l’un d’entre vous. Ce matin, il s’agit d’un texte de Françoise Foray.

Johan Nepomuk Hummel - Concerto en mi b majeur pour trompette et orchestre
Ensemble orchestral de Paris
Jean-Pierre Wallez, direction
Maurice André, trompette
ERATO ERAT ECD 88007

Le fabuleux monde des archives

par Jean-Yves Patte ♫ EXTRAITS

symphonie imaginaire archive
symphonie imaginaire archive

Johannes Brahms - Danse Hongroise n°1
Banda Municipali di Milano
Disque Berliner's Gramophone, Milan, 1900

Ludwig van Beethoven - March für die Böhmische Landwehr
Orchestre anonyme
Disque Berliner's Gramophone, Berlin (?), vers 1890

Robert Schumann - Traumerei
Sigmund Burger, violoncelle
Avec acc. de piano
Disque Berliner's Gramophone, Budapest, 1899

Léo Delibes - Coppelia
Pizzicato
Géo Jacobs, violon
Avec acc. de piano
Disque Berliner's Gramophone, Londres, 1899

Lespine - Beth Ceü de Pau
M. Cambot, baryton
Avec acc. de piano
Disque G&T Gramophone, Paris, 1902

Actualité

Le Grand Tomple, création 2014 du Festival de Chaillol
Le Grand Tomple, création 2014 du Festival de Chaillol

Le Grand Tomple, création 2014 du Festival de Chaillol

Ce matin, téléphone avec Michael Dian, le directeur artistique du festival de Chaillol, un festival très implanté dans un milieu assez rural. Michael Dian a pris le parti de la création. Ce soir, ce sera le cas avec le Grand Tromple.

Musique en miroir

Et voici venu le moment d'écouter, dos à dos, une œuvre et sa transcription. Ce matin, pour filer notre thème symphonique, la première symphonie de Johannes Brahms, une œuvre achevée l’été 1876. L'arrangement du troisième mouvement pour piano à 4 mains est signé par le compositeur.

Johannes Brahms - Symphonie n°1 en ut mineur
Un poco Allegretto e grazioso
SWR Stuttgart Radio symphony orchestra
Sergiu Celibidache, direction
DGG 459635-2

Johannes Brahms - Symphony n°1 opus 68
Poco Allegretto e grazioso
Silke-Thora Matthies & Christian Köhn, piano 4 mains
NAO 8.554119

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