Samedi 18 octobre 2014
1h 52mn

Montmartre en musique

C’est l’un des endroits les plus charmants de Paris, une oasis de calme et de verdure dans l’un des quartiers de Paris les plus fréquentés : il s’agit du Musée de Montmartre, qui rouvre ses portes aujourd’hui après restauration. Et c’est pour nous ce matin l’occasion d’évoquer la vie artistique grouillante du Paris au tournant du siècle.

7h00 | Journal
7h40 | La chronique du petit matin par Marie Faucher
7h50 | Musique vintage
8h10 | Balade dans l'art avec le journal La Croix
8h25 | Parlez-moi de musique, le souvenir musical d'un auditeur
8h30 | Le fabuleux monde des archives par Jean-Yves Patte
8h45 | Actualités ( disque, concert, festival, édition...)
8h50 | Musique en miroir

Programmation musicale

Hector Berlioz - Harold en Italie
Sérénade d’un montagnard des Abruzzes chantant la prière du soir
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
NAIV V 5266

Paul Verlaine - Colombine
Camile Dumeny, voix
GRAMOPHONE (archive)

Claude Debussy / Paul Verlaine - Clair de lune
Julie Fuchs, soprano
Alphonse Semin, piano
APARTE AP050

Aristide Bruant - Chez Bruant
Aristide Bruant, voix
ODEON (achive)

Charles Cros / Georges Oble - Rancoeur lasse
Henri Vaguet, chant
PATHE SAPHIR (archive)

Steffen Schlleiermacher -Tombeau de Vincent Van Gogh
Corbeaux dans un champ de blé
Steffen Schlleiermacher, piano

Maurice Mac Nab - Le pendu
Adolphe Maréchal, chant
(archive)

Sonnet d'Arvers à l'envers
Maurice Donnay , diction
Roger Monteaux, diction
(archive)

Théodore Botrel / Léon Delerue - La jalouse
Hélène Delavault, mezzo-soprano
Yves Prin, piano
Quatuor Prat
ERATO

Paul Delmet - Les petits pavés
ZONOPHONE (archive)

La chronique du petit matin

par Marie Faucher MUSIQUE CONTEMPORAINE : L'accordéon contemporain

C’est la thématique « Montmartre » qui a inspiré à Marie Faucher une petite chronique sur l’accordéon.

Je ne vais pas rappeler que l’accordéon est l’instrument populaire par excellence. Mais ce que l’on sait peut être moins c’est combien il inspire les compositeurs d’aujourd’hui.
Piaf dans sa chanson décrit comme elle est possédée par l’accordéoniste et par les sons de l’instrument, « ça lui rentre dans la peau ». C’est une espèce d’ivresse entre le musicien, l’accordéon, sa musique… c’est physique dit-elle. C’est pareil d’ailleurs dans le « chauffe Marcel » de Brel. Oui l’accordéon c’est physique. D’abord c’est très gros, très lourd, ça se pose sur les cuisses et ça couvre presque tout le corps de l’interprète. Et puis cela nécessite d’ouvrir les bras, de les refermer, et dans ce mouvement là il y a un petit délai, un laps de temps, entre le son, la note produite et le souffle nécessaire à cette production. Ce souffle là quand vous n’appuyez sur aucune touche, c’est une véritable respiration. En musique ce souffle est tout autant un signe de la présence de l’interprète que du son à venir.

« ce que j’ai découvert c’est que l’accordéon peut respirer et c’est une incroyable expérience ». C’est Salvatore Sciarrino qui le dit.

Salvatore Sciarrino - Vagabonde Blu
Teodoro Anzellotti, accordéon

Cela fait relativement peu de temps que l’accordéon suscite la curiosité des compositeurs, à peine quarante ans. Mais il y a bien sûr des exceptions quelque unes suprenantes. Tendez bien l’oreille chez Tchaïkovsky l’accordéon double ici les bois.

Piotr Illitch Tchaïkovsky - Scherzo burlesque suite n°2 op 53
Orchestre de la SWR
Neville Marriner, diection

C’est juste une petite touche populaire, on entend à peine l’accordéon, Tchaïkovsky ajoute simplement une odeur populaire.
Avant qu’il soit vraiment traité avec sa singularité par les compositeurs la fonction de l’accordéon c’était d’évoquer par son simple timbre un contexte, une atmosphère, un village, un bal.
La partie d’accordéon composée par Alban Berg pour la scène de bal de son opéra Wozzeck est terriblement difficile. Il avait d’ailleurs fallu beaucoup de temps à l’époque pour trouver un musicien capable de la jouer. La scène est fantastique. Wozzeck fou de jalousie espionne Marie qui danse avec le tambour major. L’orchestre de bal avec son accordéon, sa guitare, son violon, sa clarinette sonne de façon très ironique ici. Comme des voix qui se moqueraient de Wozzeck.

Alban Berg - Wozzeck
Acte II scène 4

Un accordéon dans Wozzeck qui est distancié, qui renforce l’écart, le décalage qu’il y a entre le drame que vit cet homme et la fête qui se déroule sous ses yeux.
Au fond c’est toujours par rapport à ce parfum populaire que les compositeurs abordent l’accordéon.
Dans le répertoire plus récent l’une des œuvres phares pour accordéon c’est la Sequenza n°13 de Luciano Berio, qu’il a sous titré «chanson». En fait elle n’a de la chanson qu’un souffle, une poésie respirée par Berio, une inspiration en somme. Et tout de même une mélodie que Berio traite comme un refrain qui revient sans cesse.

Luciano Berio - Sequenza XIII
Chanson

C’est une chanson triste, un refrain autour duquel un mouvement proche de l’improvisation semble prendre le pas. En fait avec ces 14 sequenzas, chacune dédiée à un instrument, Berio rend un hommage aux caprices de Paganini : c’est à dire sublimer la virtuosité, sublimer la difficulté. Et ici dans la sequenza pour accordéon, contrairement aux autres qui sont souvent affirmée, résolue, ici l’atmosphère est feutrée. Et c’est ça la grande difficulté pour l’accordéon qui est un instrument pas très flexible. Tout doit sonner aérien, intime malgré l’épaisseur de la polyphonie. C’est ça la chansonnette de Berio : la virtuosité mêlée à la légèreté d’un certain folklore.

Une sequenza écrite pour Teodoro Anzellotti, qui est l’un des plus grands accordéonistes de notre temps. Et qui a beaucoup fait pour son instrument puisqu’il est à l’origine de la création de 350 pièces. Teodoro Anzellotti interprète également des œuvres écrites pour orgue.
C’est amusant cette parenté sonore entre l’accordéon si populaire et l’orgue dont le timbre évoque toujours la musique sacrée. Peut être d’ailleurs que le succès de l’orgue à l’église et celui de l’accordéon dans le registre populaire est lié à la même chose… une puissance, un souffle qui envahit l’espace, le corps de l’interprète, et celui de l’auditeur. Voici pour conclure une dernière chanson composée cette fois-ci pour l’orgue et interprétée ici à l’accordéon.

Johann Jakob Froberger - Canzon n°6

Musique vintage

Yvette Guilbert pochette
Yvette Guilbert pochette

Yvette Guilbert - Le miracle de Sainte Berthe
Yvette Guilbert, interprète
Pianiste inconnu
EPMR 982442/2

Balade dans l'art

par Sabine Gignoux Le peintre orientaliste Benjamin Constant exposé à Toulouse

Benjamin Constant - Le flamant rose
Benjamin Constant - Le flamant rose

Sabine Gignoux nous emmène aujourd'hui à la découverte d'une exposition consacrée à Benjamin Constant, peintre orientaliste oublié et exposé au Musée des Augustins à Toulouse.

Vous le savez, l’histoire de l’art est une science versatile. Des artistes adulés un jour, peuvent sombrer le lendemain dans l’oubli. D’autres méprisés hier se trouvent portés aux nues. Par exemple, les Impressionnistes, après avoir commencé dans la misère et sous les quolibets, ont fini par supplanter leurs rivaux académiques, dès la fin du XIXe siècle. Et aujourd’hui, par une sorte de retour de balancier, les musées s’emploient à redécouvrir tous ces peintres pompiers. Le musée d’Orsay a consacré en 2010 une exposition à Gérôme. Puis Montpellier a montré Cabanel et sa Vénus ripolinée comme une porcelaine. Et voilà que le musée des Augustins à Toulouse nous présente un élève de Cabanel, un certain Benjamin Constant. Un homonyme de l’écrivain mais, lui, peintre orientaliste et complètement oublié. J’ai vérifié, dans mon gros Larousse de la peinture : il n’y a pas une ligne sur ce Benjamin Constant. Alors je vous le présente en deux mots : il est né en 1845, il a grandi à Toulouse, avant d’entrer aux Beaux-Arts à Paris où il va faire carrière. Il fera plusieursvoyages au Maroc sur les traces de Delacroix, son modèle. Et il finit sa vie comme portraitiste mondain en Amérique du Nord et en Angleterre où il peint la reine Victoria. Si bien qu’à sa mort en 1902, le New York Times lui consacre un article élogieux.
Et puis, on l’a remisé aux oubliettes…ou ce qui revient au même dans les réserves des musées. Pourtant, Benjamin Constant est un artiste du genre encombrant. Un ambitieux qui peint des grandes machines pour se faire remarquer au Salon. Ça marche d’ailleurs : en 1876, à 31 ans, il présente une monumentale Entrée du Sultan Mehmet II à Constantinople, un tableau de 7 mètres de haut, aussitôt acheté par l’Etat et envoyé au musée de Toulouse où il trône encore. Mais d’autres musées comme celui de Besançon ou le Petit Palais à Paris, ont été moins soigneux : ils ont fini par rouler les immenses toiles de Benjamin Constant, qui ont dues être restaurées pour l’exposition. Au total, le musée des Augustins de Toulouse, en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Montréal, a réuni 70 peintures de l’artiste dont près de la moitié proviennent de collections américaines. Et c’est une petite révélation. On découvre un coloriste brillant, un pinceau sachant jouer d’effets de matière. Ici des empâtements dorés à la Rembrandt. Là au contraire une peinture tellement fine que la trame de la toile se confond avec la chemise du modèle. Benjamin Constant excelle aussi dans les éclairages : avec un simple rayon de soleil, il vous déflore tout un harem…

♫ EXTRAITS

Camille Saint Saens - Suite algérienne opus 60
1er mouvement Prélude
Lonson Symphony orchestra
Yondani Butt, direction
ASV CD DCA 599

Georges Bizet - Carmen
Habanera
Emma Calvé, soprano
Avec accompagnement d’orchestre « Victor »
Disque Victor, Philadelphia, 1907

Parlez-moi de musique

Voici venu le moment de la séquence dans laquelle nous découvrons un texte en lien avec la musique et envoyé par l’un d’entre vous.
Ce matin, il s’agit d’un texte de Michel Aknin

Combien étaient-ils dans notre petite église, en cette soirée maussade du
mois d’août plus propice à la quête d’un divertissement qu’aux
flâneries sur la plage ? Huit seulement, tout vêtus de noir, qui envahirent
la nef d’un air désinvolte, en gens habitués à traîner derrière eux la
poussière des Carpates ; huit musiciens tsiganes qui, d’emblée, nous
sortirent de notre apathie et chassèrent cette méfiance qui remonte à la
nuit des temps. En leur compagnie, nous partîmes sur les chemins de
l’errance, depuis les steppes monotones de l’Asie centrale jusqu’aux
riants rivages de la mer Égée. Et pendant deux heures, ce fut un
éblouissement...

♫ EXTRAITS

Traditionnel / arrangement Haiduti - la danse du serpent
Haiduti orkestar
WAGR 3134402

The Raspoutine smoke band - Cymbalum fever
Marc Berman
WAGR 3134402

Le fabuleux monde des archives

par Jean-Yves Patte

jean-yves patte - montmartre
jean-yves patte - montmartre

Lucien Boyer – Borel Clerc - Monte là dessus
Tu verras Montmartre
« Messieurs Forain, Willette, Neumont, Poulbot, Joë Bridge, Lucien Boyer, Marianne et... ses dames d'honneur »
Avec accompagnement d’orchestre
Disque Pathé, Paris - République de Montmartre, 1923

Jacques Offenbach - Orphée aux enfers
Orchestre de la Garde Républicaine
Disque Gramophone, Paris, 1904

D. Berniaux - Les mains de Femmes
Orchestre du Rat Mort, direction Bertrand
Disque Gramophone, Paris, 1908

Actualité

Musée de Montmartre
Musée de Montmartre

La réouverture du Musée de Montmartre

Dans notre rubrique actualité, nous vous conduisons en haut de la butte à Paris, où se déroule cette matinale et nous pénétrons dans le musée de Montmartre avec sa conservatrice Saskia Ooms. C’est avec Erik Satie, voisin de Suzanne Valadon et amoureux de la peintre, puis avec l’un des quinze portraits d’enfants d’Auguste Renoir du compositeur Jean Français que nous visitions ce Musée de Montmartre complètement ré-habilité et qui ouvre ses portes aujourd’hui. Il est situé rue Cortot, à Montmartre, et si vous avez décidé de faire un tour dans la capitale pour vos vacances, ne manquez pas cet endroit délicieux plein des souvenirs d’une époque révolue...

Renseignements sur le site du musée de Montmartre

♫ EXTRAITS

Erik Satie - Trois gymnopédies
3ème lent et grave
Gabriel Tacchino, piano
DPEV PV 789105

Jean Françaix - 15 Portraits d’enfants d’Auguste Renoir
Orchestre de chambre National de Toulouse
Alain Moglia, direction
CCIO 67 064

Musiques en miroir

Ce matin, nous restons en compagnie d’Erik Satie , voisin de l’atelier de Suzanne Valadon à Montmartre.
C’est en 1899 qu’Erik Satie compose Jack in the box, une partition perdue puis retrouvée qui ne fut interprétée qu’après sa mort sous la forme pianistique originale. Pour fêter le 60ème anniversaire de son ami, qui avait si fortement influencé la création du groupe des six, Darius Milhaud orchestre la partition de Jack in the Box qui deviendra un ballet.

Erik Satie - Jack in the box
Jean-Yves Thibaudet, piano
DECA 470290-2

Erik Satie / Darius Milhaud - Jack in the Box
Utah symphony orchestra
Maurice Abravanel, direction
VANC 08 4030 71

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