Samedi 6 septembre 2014
1h 53mn

La libération de Paris

Nous voilà à nouveau ensemble le samedi matin pour un début de week-end tout en douceur ! Enfin presque, puisque ce matin, nous célébrerons la libération de Paris et la fin de la deuxième guerre mondiale, anniversaire oblige ! Période intense, qui préfigure la fin d’un conflit long et coûteux en vies humaines, mais aussi l’arrivée d’une société différente ou se mêlent les influences américaines, les souvenirs douloureux, la fin d’un monde et la naissance d’un autre.

7h00 | Journal
7h40 | La chronique du petit matin par Antoine Mignon
7h50 | Musique vintage
8h10 | Balade dans l'art avec le journal La Croix
8h25 | Parlez-moi de musique, le souvenir musical d'un auditeur
8h30 | Le fabuleux monde des archives par Jean-Yves Patte
8h45 | Actualités ( disque, concert, festival, édition...)
8h50 | Musique en miroir

Programmation musicale

Anna Marly - Le chant des partisans
Germaine Sablon, chant
JBM 5719512

Frédéric Chopin - Concer to pour piano en fa mineur
Larghetto
Alfred Cortot, piano
Le grand orchestre de radio Paris
Willem Mengelberg, direction
MLBM CDRG 189

Darius Milhaud - Suite Française
Muncher Philharmoniker
Sergiu Celibidache, direction
EMI 5578562

Igor Stravinsky - Elégie
Eiichi Chijiiwa, violon
INDES INDE026

Emile Goué - Impromptu opus 44
Diane Andersen, piano
AZUR AZC 083

Coleman Hawkins and his orchestra
My idéal 1944
JBM 5719512

La chronique du petit matin

par Antoine Mignon AUTOUR DU PIANO : Friedrich Gulda

friedrich gulda
friedrich gulda

Antoine Mignon entame cette nouvelle saison sous les meilleurs hospices et nous parle aujourd’hui d’un des pianistes les plus passionnants, des plus iconoclastes aussi : Friedrich Gulda. Son début de carrière est aussi exceptionnel que conventionnel : il remporte le concours de Genève à 16 ans, fait des tournées partout dans le monde, joue sous la direction des plus grands chefs, et devient rapidement un pianiste très respecté, notamment dans Mozart et Beethoven, avec des interprétations anti-romantiques, au jeu épuré. Mais un grain de sable va venir perturber ce long fleuve tranquille, et ce grain de sable s’appelle Dizzie Gillespie, le fameux trompettiste de jazz, que Gulda rencontre en 1951. Cette rencontre va totalement changer le cours de la vie du pianiste puisque, cinq ans plus tard, il donne son premier concert de jazz au Birdland, le célèbre club new-yorkais. Il va ensuite fonder un big band, on le voit jouer du saxophone baryton, de la flûte traversière, il crée une compétition de jazz à Vienne... Si bien qu’il devient l’un des rares musiciens non seulement à mener une double carrière de pianiste classique et de jazz, mais à proposer des concerts qui mêlent ces deux facettes de sa personnalité.

♫ EXTRAITS

Friedrich Gulda - Lullaby of Birdland
Friedrich Gulda, piano
Fresh Sound Records
FSR0 CD 648

Wolfgang Amadeus Mozart - Fantaisie K.397 avec improvisation
Live au Musikverein de Vienne,1978
CD : «The compete Gulda Mozart tapes»
DGG

Friedrich Gulda - Fugue
Fredrich Gulda, piano
CD : «Gulda plays Bach»
DGG

Musique vintage

Un extrait de l’opéra-bouffe Les Mamelles de Tirésias de Francis Poulenc, sur un texte d’Apollinaire dans un enregistrement de 1953.

tiresias
tiresias

Francis Poulenc - Les Mamelles de Tirésias
Prologue et Acte 1
Denise Duval, soprano
Jean Giraudeau, ténor
Orchestre du théâtre National de l’Opéra-Comique
André Cluytens, direction
EMI 7631542

Balade dans l'art

par Sabine Gignoux

Le manège de Petit Pierre - La Fabuloserie
Le manège de Petit Pierre - La Fabuloserie

Pour reprendre ces balades dans l’art, Sabine Gignoux nous emmène en Bourgogne pour découvrir, à Dicy près de Joigny, la « Fabuloserie ». Une maison, dont toutes les pièces, les couloirs, le grenier et même le parc, sont envahis d’œuvres d’art toutes plus étonnantes les unes que les autres. Le propriétaire s’appelait Alain Bourbonnais. Il était architecte. On lui doit notamment le théâtre national du Luxembourg, le théâtre de Caen, l’église Stella Matutina à Saint-Cloud. Et aussi des personnages de carnaval, qu’il créait avec du papier collé sur des armatures en fil de fer, le week-end à la campagne. Ces personnages, il les appelait les « turbulents ». Car certains peuvent abriter un homme ou une femme pour parader dans des défilés ou sur une scène de théâtre. Et en même temps, Alain Bourbonnais collectionnait des œuvres créés par des marginaux, des autodidactes, ce qu'on appelle « l’art brut ». C’est Jean Dubuffet qui a inventé ce terme. Il a d’ailleurs soutenu Alain Bourbonnais en 1972 quand celui-ci a voulu ouvrir une galerie à Paris pour défendre ces artistes. Mais souvent il les aimait trop ses découvertes pour arriver à les vendre. Et il a fini par regrouper toute sa collection dans sa maison de l’Yonne. Décédé en 1988, ce sont ses deux filles Sophie et Agnès qui s’occupent aujourd’hui de maintenir vivantes toutes ces œuvres extraordinaires, comme le manège de Petit Pierre. Un garçon vacher, sourd et muet, qui pendant 40 ans, a bricolé avec des boites de conserve, des petits automates qui tournent sur des vélos, des avions, des charrettes.
Il y a beaucoup d’œuvres animées à la Fabuloserie. Par exemple, celles d’Albert Sallé, un ancien receveur d’autobus, qui a fabriqué des mini-théâtres avec des capsules de bouteilles, des perles, des bouts de papier doré. Il y a les véhicules en bois sculpté par Emile Rattier, un paysan aveugle. Il y a François Monchatre et son Automaboule, baptisée aussi le « monument à l’universelle bêtise. Il y a les œuvres à tiroirs de Pascal Verbena, dans lesquels disparaissent de minuscules personnages. On trouve aussi des créations plus graves ou inquiétante... Ce qui touche surtout le public, c’est donc la liberté de toutes ces œuvres, exécutées par des gens ordinaires, sans formation artistique, juste pour exprimer leurs rêves.

♫ EXTRAITS

Jean Dubuffet - Coucou Bazar
Extrait de la bande sonore du spectacle composé à partir d'enregistrements musicaux de Jean Dubuffet (1961 et 1973)
Eléments sélectionnés et rassemblés par Anna Sagna en 1978
© Fondation Dubuffet, Paris

Pierre Bastien - Mecanoid
Pierre Bastien, machines
REPH CAT 119CD

Parlez-moi de musique

Chaque semaine, nous découvrons un texte en lien avec la musique ou un souvenir musical envoyé par l’un d’entre vous.
Ce matin, il s’agit d’un texte de Vincent Darras : une lettre imaginaire envoyée à une dame.

♫ EXTRAITS

Gabriel Fauré - Dans un parfum de roses
Ici-bas opus 8
Géraldine Mac Greevy, soprano
Graham Johnson, piano
HYPE CDA67336

Emile Paladilhe - Psyché
Susan Graham, mezzo-soprano
Malcom Martineau, piano
ONYX 4030

Le fabuleux monde des archives

par Jean-Yves Patte

1944
1944

♫ EXTRAITS

Un micro dans la Bataille de Paris
Les Champs Elysées - 26 Août 1944
Disque Pacific, Paris, 1944

Un micro dans la Bataille de Paris
Les Champs Elysées "la Marseillaise" - 26 Août 1944
Disque Pacific, Paris, 1944

Accros Atlantic
"Victory" Military Band
Disque SPL, Holliwood, vers 1944

Emile Waldteufel - Forget Me Not
Vienese Concert Orchestra, dir. Josef Franck
SPL, Holliwood, vers 1944

Edouard Grieg - Peer Gynt
In the Hall of the Mountain King
Alvino Rey and his singing guitars
SPL, Holliwood, vers 1944

Actualité

rameau - skip sempe
rameau - skip sempe

Voici une nouvelle rubrique qui nous permettra brièvement de partager un coup de cœur autour d’un festival, un livre, un film ou un disque .
Ce matin, nous restons musicaux avec un disque récemment paru, dans lequel le claveciniste Skip Sempé rend hommage à Jean-Philippe Rameau en interprétant sous le nom de Rameau’s funeral, la Messe des morts de Jean Gilles dans la version donnée pour l’office funèbre du compositeur français.

♫ EXTRAIT

Jean Gilles - Messe des morts (Rameau’s funeral)
Graduel 1
Cappriccio Stravagante
Collegium vocale Gent
Skip Sempé
PARADIZO PA0013

Musique en miroir

Comme nous évoquions ce matin la libération de Paris et la musique écrite en temps de guerre, voici une œuvre pour piano composée par Darius Milhaud en 1941 alors qu'il est éxilé en Californie. Fasciné par la virtuosité des jeunes musiciens américains qu’il côtoie en Californie, Milhaud arrange deux de ses Esquissesop. 227 pour quintette à vent. Les pièces sont données à New York en 1942.

Darius Milhaud - Esquisses op. 227
Madrigal
Françoise Choveaux, piano
MKI 369206-2

Darius Milhaud - Deux pièces pour quintette à vent
Madrigal
Aulos Blaserquintett
SCHW 3-6403-2

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