Samedi 20 septembre 2014
1h 53mn

Dansez sur moi

Le festival d’Automne, dont France musique est partenaire, rend hommage cette année à un grand chorégraphe : William Forsythe. Ce matin, nous verrons quelles musiques, d’hier et aujourd’hui , choisissent les chorégraphes contemporains.

7h00 | Journal
7h40 | La chronique du petit matin par Sandra Abouav
7h50 | Musique vintage
8h10 | Balade dans l'art avec le journal La Croix
8h25 | Parlez-moi de musique, le souvenir musical d'un auditeur
8h30 | Le fabuleux monde des archives par Jean-Yves Patte
8h45 | Actualités ( disque, concert, festival, édition...)
8h50 | Musique en miroir

Programmation musicale

Johann Sebastian Bach - Partita n° 2 BWV 1004
Chaconne
Hélène Schmitt, violon
ALPHA 082

Franz Schubert - Winterreise D 911
Im Dorfe
Julius Drake, piano
Gerald Finley, baryton
HYPE CDA68034

Wolfgand Amadeus Mozart - Symphonie n° 36 en sol Majeur K 425 « Linzer »
Finale (presto)
Orchestra Alessandro Scarlatti di Napoli della RAI
Sergiu Celibidache, direction
ARCHIR ARPDC 0490

Robert Schumann - Noveletten opus 21
Ballmässig, sehr munter
Ronald Brautigan, piano
BRILLC 94008/5

La chronique du petit matin

par Sandra Abouav DANSE : Le Festival d'automne & l'ouverture du Festival "Temps d'images" au 104

danse
danse

On retrouve Sandra Abouav, danseuse et chorégraphe, qui vient nous parler de danse, de musique, de spectacle vivant. Elle évoque aujourd'hui le chorégraphe américain William Forsythe dont plusieurs œuvres sont programmées au Festival d'Automne à Paris et cette année, on lui rend hommage.

Les événements de la rentrée se bousculent il y a pleins de spectacles à voir, c’était bondé et les gens étaient enchantés. Depuis les années 80, il explose les frontières parce qu’il allie un vocabulaire classique - les filles sont souvent sur pointes, à des concepts contemporains qui mettent les danseur en état d’improvisation. Il défie les conventions et puise dans le répertoire de danses actuelles comme le break, le funk, l’afro, ou la comédie musicale. A ce sujet, il y a une phrase qui décrit assez bien sa démarche :
«Le vocabulaire, dit-il, n’est pas, ne sera jamais vieux. C’est l’écriture qui peut dater… »
Sa conception de l’espace justement est impressionnante dans Limb’s Theorem, qui veut dire la Théorie des membres.Avec cette pièce de 1990 qui jouait au Théâtre du Châtelet, il fait monter le suspens en jouant sur l’inattendu pour partager sa vision du déséquilibre. Les danseurs ont les membres étirés comme des élastiques tendus et se maintiennent en déséquilibre jusqu’à la chute imminente. Bon, alors quand on glisse et qu’on perd l’équilibre par exemple, le corps se rattrape dans un mouvement réflexe. C’est justement ces mouvements de réadaptation urgente pour éviter la chute qui intéressent l’artiste. Lui il appelle ça les mouvements résiduels. Ces mouvements réflexes, il en fait collection pour les intégrer directement dans la chorégraphie. Pour continuer à déjouer les habitudes et renouveler les mouvements, le chorégraphe va jusqu’à mettre au point une méthode de lecture sur scène, en projetant des inscriptions sur un mur comme des petits graffitis. Ainsi les danseurs déchiffrent ces signes, les interprètent, et modifient leurs mouvements en conséquence. Les 27 danseurs déplacent des écrans, des satellites et des plaques rectangulaires suspendus. Forsythe utilise le hasard et l’aléatoire, les lumières font qu’on assiste à des combinaisons uniques à chaque fois. C‘est un kaléidoscope merveilleux.

Vous pourrez voir Limb’s Theorem du 4 au 6 octobre à la Maison des arts de Créteil. Plus largement, le Festival a lieu à Paris et en Ile-de-France jusqu’à décembre. Jusqu’au 28 septembre le 104 accueille la 13ème édition du Festival Temps d’Images en partenariat avec Arte pour dresser un paysage où s’entremèlent la danse, la vidéo, le théâtre et les arts plastiques. La soirée d’ouverture a été confiée à Josef Nadj, qui donnait justement « Paysage Inconnu», sa dernière création, un quatuor pour 2 danseurs et 2 musiciens.

Paysages inconnus, ce sont ceux que l’on traverse dans cette pièce qui se fonde là aussi sur un travail d’improvisation au long cours et qui se déroule dans une qualité d’écoute fine telle qu’ils créent à quatre un véritable « langage commun ». Deux hommes en costume noirs, apparaissent sur une chaise ; le collant sur leur tête déforme et efface leurs visages. Après s’être laborieusement extirpés de là, ces compères entrent dans un slow digne d’une décadence en marche. En s’appuyant alternativement l’un sur l’autre, ils plient sous leur propre poids et la danse se désagrège et les corps balbutient. Plus tard, le ballet de leurs grandes accolades se transforme en un match de boxe désarticulé et nos deux Charlots terminent au sol, imbriqués. Ces deux hommes progressent dans un parcours poussé jusqu’à l’épuisement. Les changements brutaux des postures marquent leurs interrogations : ils se font face, se jaugent et se répondent par des gloussements de fin du monde. L’un d’eux trace les contours de sa boite crânienne au maquillage blanc, puis s’arme d’une hache et s’enflamme dans une déambulation disloquée. Nadj nous livre sa danse macabre tragique et burlesque et dresse une vanité vivante où la mort guette.

♫ EXTRAITS

Luciano Berio - Duetti pour deux violons

Colin Stetson - Who the waves are roaring for
CONS Référence label CST092-2

Musique vintage

bruno walter
bruno walter

Carl Maria Von Weber / Hector Berlioz - Invitation à la danse op 65
Allegro vivace-moderato
Los Angeles Philharmonic orchestra
Bruno Walter
ASDI AS 412

Balade dans l'art

par Sabine Gignoux

courbet - suisse
courbet - suisse

Aujourd’hui, balade dans les montagnes suisses sur les traces de Courbet. Deux expositions, à Bâle et à Genève, rendent hommage au peintre décédé en 1877 sur les rives du Léman. Courbet a dû en effet s’exiler en Suisse après la Commune de Paris. On lui reprochait la destruction de la colonne Vendôme, un symbole Napoléonien. En réalité, ce n’est pas lui qui avait donné l’ordre. Mais l’affaire lui a valu six mois de prison et la menace de devoir rebâtir la colonne à ses frais. Si bien qu’en juillet 1873, en racontant qu’il allait prendre les eaux à Vichy, il a bifurqué à l’est et passé la frontière.
Alors à la Fondation Beyeler de Bâle, vous ne verrez pas du tout ces dernières années de la vie de Courbet. L’exposition réunit surtout des autoportraits, trois superbes tableaux de baigneuses et une majorité de paysages français : des marines, des sous-bois, des paysages de neige… On y trouve aussi l’Origine du Monde, du musée d’Orsay, accroché pas loin de bouquets de fleurs, dans un rapprochement un peu ringard. Pour une exposition qui prétend montrer la modernité de Courbet, l’accrochage parait assez convenu. Même si Bâle présente une étude de femme nue qui vient directement de la collection de Jeff Koons, l’un des artistes contemporains les plus cotés du marché !
L'exposition au Musée Rath de Genève n’a pas la belle lumière du jour qui baigne la fondation Beyeler, mais elle est beaucoup plus intéressante. Elle se concentre sur les années suisses de Courbet, un sujet négligé jusqu’à présent. La dernière rétrospective consacrée au peintre en 2007 à Paris ne montrait que deux toiles de sa période suisse alors qu’il en a peint une centaine. D’abord, il y a eu de nombreux faux Courbet, déjà du vivant du peintre. Et lui-même a été soupçonné à la fin de sa vie d’avoir délégué sa peinture à des assistants. On sait qu’il envoyait des tableaux non-signés en France, pour éviter leur saisie par les douanes, et ses émissaires signaient les tableaux a posteriori. D’où une certaine méfiance. Mais Laurence Madeline, conservateur en chef à Genève a mené l’enquête avec des historiens d’art. Et l’existence d’un grand atelier suisse autour de Courbet s’avère largement infondée…

♫ EXTRAITS

Hector Berlioz - Reverie et caprices opus 8
Adagio
Yehudi Menuhin, violon
Philharmonia orchestra/ Sir John Prittchard
EMI 2641492

Franz Liszt - Années de pèlerinage
Première année : la Suisse
Au lac de Wallenstadt
Oliver Schnider, piano
SONY 88697972242

Parlez-moi de musique

Voici revenu le moment la séquence où nous découvrons un texte en lien avec la musique et envoyé par l’un d’entre vous.
Ce matin, il s’agit du texte de l’un de nos fidèles mélomanes, Michel Aknin.

♫ EXTRAITS

Giuseppe Verdi - Aïda
Gloria
Orchestre et chœurs du Metropolitan Opera House
Georges Shick, dirction
WALH WLCD 0382

Leonard Bernstein - West side story
Mambo
San Francisco Symphony
Michael Tilson Thomas, direction
SANF SFS 0059

Le fabuleux monde des archives

par Jean-Yves Patte

jean-yves patte - manuel orazi
jean-yves patte - manuel orazi

Johann Strauss - An der schönen blauen Donau
Drescher orchestre, sous la direction de Carl Wilhelm Drescher
Disque Gramophone "Concert record", Wien, 1901

Jean Arthez - Marche parisienne
"Les duettistes parisiens" , piano à 4 mains
Disque Berliner's Gramophone, London, 1899

Allier - Polka des Anglais
Orchestre de la Garde Républicaine
Disque Berliner's Gramophone, Paris, 1899

Johann Strauss - Wiener Blut
Ziehrer Orchester, sous la direction de Carl Michael Ziehrer
Disque Gramophone "Concert", Wien, 1901

Actualité

Le Festival Ombres et Lumières
Le Festival Ombres et Lumières

Le Festival Ombres et Lumières de l'Abbaye de Clervaux

Notre nouvelle rubrique nous permet brièvement de partager un coup de cœur autour d’ un festival, un livre, un film ou un disque. Ce matin, nous fêterons la publication d’un très bel ouvrage, Tentatives d’évasion, qui sort au moment où se déroule le festival de Clairvaux, Ombres et lumières, un festival qui met en musique la parole des détenus.

Philippe Hersant - Clairvaux instants limites
Instants limites : Voix sans issue & Entre noir et blanc
Ensemble vocal Aedes
Jean-luc Menet , flûte
Pascal Gallois, basson
Regis Pasquier, vilon
AEON AECD 1334

Le festival se déroule le week-end prochain, 27 et 28 septembre à Clairvaux, avec samedi une œuvre en création mondiale de Philippe Hersant, Kitoo.
Renseignements : www.abbayedeclairvaux.com ou un tel 03 25 27 52 55.

Musique en miroir

Voici venu le moment où l’on écoute, dos à dos, une œuvre et sa transcription. Ce matin, une œuvre choisie par la chorégraphe Trisha Brown pour l’un de ses ballets, l’Offrande Musicale de Jean-Sebastien Bach. Voici l’original, le thème initial :

Jean Sebastien Bach - L'Offrande musicale BWV 1079
Canon
Catherine Manson, violon
David Rabinovitch, violon
Ton Koopman
CHALC CC72309

Ultime variation sur le thème de l’Offrande musicale de Jean Sebastien Bach, cette transcription du Ricercar n° 2 que l’on doit à Anton Webern.

Johan Sebastian Bach / Anton Webern- L'Offrande musicale BWV 1079
Ricercar n°2
Los Angeles Philharmonic
Esa Pekka-Salonen, direction
SONY SK89012

Sur le même thème

L'équipe de l'émission :
Mots clés :