Lundi 1 septembre 2014
2h

Une femme blessée par Brahms à la Philharmonie de Paris

Au programme de la matinale culturelle : Eric Reinhardt est l'invité du jour, dossier sur la Philharmonie de Paris, et musique live avec le trio Raphaël Sévère, Adam Laloum et Victor Julien-Laferrière.

Mais pourquoi ce titre « Une femme blessée par Brahms à la Philharmonie de Paris » ? Parce que la matinale de Vincent Josse propose chaque matin, de 8h à 10h, non pas une, mais plusieurs thématiques liées à l'actualité. Un dossier du jour, des chroniques, des reportages, des invités, mais aussi de la musique vivante : bienvenue dans la matinale culturelle de France Musique.

Décodage : qui est la femme blessée ? Bénédicte Ombredanne, héroïne de L’amour et les forêts dont l’auteur Eric Reinhardt est l’invité de Vincent Josse à 8h45. Brahms ? Le nom du dernier disque de Raphaël Sévère (clarinette), Adam Laloum (piano), et Victor Julien-Laferrière (violoncelle), à paraître chez Mirare le 22 septembre prochain, et dont entendra quelques extraits lors en Live à 9h17 . La Philharmonie de Paris ?

Vincent Josse et Bruno Mantovani (©Radio France / Guillaume Decalf)
Vincent Josse et Bruno Mantovani (©Radio France / Guillaume Decalf)

C’est l’objet du dossier du jour de ce lundi 1er septembre : Victor Tribot Laspière propose un reportage sur la place de la nouvelle salle dans le paysage musical, sujet sur lequel interviendra Bruno Mantovani (directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris).

Vers les contenus détaillés :
8h13 / le dossier du jour : la philharmonie de Paris, avec Bruno Mantovani
8h45 / L'invité du jour : Eric Reinhardt
9h09 / La chronique d'Hind Meddeb "A l'autre bout du casque" : Les Kouyaté
9h45 / Le reportage de Julien Cernobori "le baladeur classique" : Madeleine

visuel live 01 09
visuel live 01 09

Au saut du lit : le compte-rendu des concerts vécus
Benjamin François, pour le Festival Voix et Route romane

Est-ce du crossover ? Assurément oui, et intelligemment ficelé ! Nonobstant l’affiche de cette soirée strasbourgeoise a de quoi surprendre : la voie étroite fréquentée par l’ensemble Ars Choralis Köln, consistant à juxtaposer, mais aussi et surtout « mixer » au sein d’un même concert les polyphonies de notre abbesse rhénane fétiche, Hildegarde von Bingen (1098-1179), avec des râgas d’Inde du Nord, certes admirablement chantés par Amelia Cuni, ne va pas de soi. On a beau dire que ces deux musiques modales entretiennent un rapport semblable à la contemplation et à la spiritualité, le télescopage stylistique – même très habilement orchestré – se produit dès qu’une tradition fait irruption dans l’autre sphère spirituelle.

Est-ce parce que l’extraordinaire chant dhrupad d’Amelia Cuni, assise à l’avant du plateau, plane à mille lieux des remarquables lignes mélodiques de Hildegarde ? Cette musicienne nous ravit à chacune de ses interventions, beaucoup trop courtes, le regard plongé dans l’au-delà, ne forçant jamais l’intensité vocale et entrant naturellement en résonnance avec Saint-Pierre-le-Jeune. Et la juxtaposition des deux répertoires fonctionne merveilleusement, oui. Elle fonctionne tout aussi bien, nous l’avons déjà vécu aux Nuits Romanes de Cologne avec la Messe en si de Bach interprétée en alternance avec le chant dhrupad. Mais le mixage des deux traditions, aux ficelles trop aisément reconnaissables, finit par lasser. Il eut été certainement plus habile de laisser les deux musiques dialoguer en se contemplant mutuellement, sans cette concession à notre monde contemporain cherchant obstinément à rapprocher les différences en les gommant.

Fallait-il convoquer les flûtes et percussions de Poul Hoxbro, dont les crotales couvrent malheureusement les voix pour organiser les transitions entre les deux répertoires ? Etait-il nécessaire de faire chanter un ostinato ad nauseam à trois chanteuses pour rythmer un râga du soir par essence hors temps ? Faut-il user et abuser du timbre des cloches pour soutenir une énergie vocale qui s’exprime avec un naturel confondant ? Autant de rugosités qui entravent le dialogue plus qu’elles ne le favorisent.

Il est indéniable que les recherches de Maria Jonas et Amelia Cuni ont dû beaucoup enrichir l’expérience musicale de ces chanteuses, toutes admirables de discipline, de justesse, de couleurs vocales chatoyantes. Mais cette voie artistique du mélange des genres, aussi à la mode fût-il, ne nous semble guère fructueux musicalement.

Compte-rendu de Benjamin François dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. http://www.dna.fr/

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