Mardi 30 décembre 2014
5 min

Le regain de forme du vinyle !

1 million de vinyles vendus cette année en Grande Bretagne, des petits magasins de disques en France qui reprennent des couleurs, des jeunes qui montent des petites structure de fabrication de disques ou de la vente par correspondance de platines et d'accessoires. C'est l'euphorie qui gagne !

Le regain de forme du vinyle !
Image extraite du film High Fidelity de Stephen Frears

Il s'est vendu cette année aux Etats Unis 8 millions de vinyles, soit un bond de 50% des ventes en un an, en Angleterre plus d'un million de vinyles se sont vendus en 2014 (ça comprend les 33 tours et les 45 tours), une première depuis plus de 20 ans. Et en France, les disquaires indépendants vendent aujourd'hui plus de vinyles que de CD.

On aurait pu penser que les mélomanes amateurs de musique classique étaient les premiers concernés. Mais non, c'est bien la pop qui domine ce marché. Meilleure vente de l'année 2014 : Jack White, l'ex leader des White Stripes avec son album Lazaretto vendu cette année à 75 000 exemplaires rien qu'aux Etats Unis.

Jack White est un militant du vinyle depuis de nombreuses années puisqu'il en fabrique avec son label Third Man Records qui poste à ses abonnés, y compris en France, des 45 tours produits dans son studio à Nashville. Sa volonté est de populariser sa démarche auprès des jeunes musiciens. Il devance dans le classement des ventes cette année d'autres stars de la pop: les Arctic Monkeys, Lana Del Rey, les Black Keys ou encore Beck

Il y a un effet de mode auprès d'un jeune public qui n'a pas connu du tout l'âge d'or du vinyle, les fameux digital natives né avec l'ordinateur comme doudou et les motivations sont assez étonnantes. Il y a le côté swagg, c'est branché de montrer qu'on fait partie des vrais puristes qui écoutent la musique sur un vinyle plutôt qu'un mp3, le son est chaud, confortable. Mais au délà de ce côté mode, hipster, qui va avec la barbe et l'ourlet au bas du pantalon, il y a quelque chose de vraiment intéressant dans la démarche des jeunes acheteurs : l'envie de prendre son temps.

Ecouter des mp3 dans son ipod ou sur l'ordinateur, permet de zapper de façon très rapide d'un titre à un autre. Alors que lorsque l'on met un vinyle sur une platine, on ne s'amuse pas à soulever le diamant toutes les 2 secondes. On prend son temps et on re-sacralise l'écoute de la musique.

Par exemple, un album de Chassol sorti en Vinyle uniquement, devient un objet précieux. Il faut savoir que lorsqu'on achète un vinyle, il y a un code à l'intérieur qui permet quand même de télécharger une version numérique des morceaux.

Plein de petits labels se font aujourd'hui connaître par leurs sorties de vinyles. Ca apporte un charme, un mystère supplémentaire. Il y a beaucoup de labels français comme Kutu Folk à Clermond. Par ailleurs, Mathias de Dionysos a décidé de monter un label baptisé Eggman qui ne sortira des disques uniquement sous forme de vinyle.

Ce retour du vinyle peut aller loin, parce que le vinyle devient un symbole. Il y a un petit côté poil à gratter, le village qui résiste, c'est peut être aussi ce qui rend l'objet populaire auprès des jeunes, c'est qu'il est transgressif.

A l'heure de ce qu'on appelle le Big Data, cette grande vague de dématérialisation et de numérisation qui touche la musique mais aussi toutes nos données personnelles, le disque vinyle devient un symbole de résistance à une forme de modernisation parfois privée d'âme.

Ca n'est pas un épiphénomène. On construit de nouvelles usines de pressage. A Orgères en Ille-et-Villaine par exemple, deux rennais ont ouvert leur petite usine de pressage et ils croulent sous les demandes.

Les ventes de platines disques sont aussi à la hausse. Il y en a à tous les prix en fonction de la qualité. Pour ce qui est des 33 tours, les petits disquaires, les sites de vente en ligne et les labels font des efforts, il faut compter aux alentours de 20 euros, pour avoir le bel objet, le bon son et le sentiment d'apprécier différemment la musique.

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