Samedi 27 avril 2019
2 min

Quand l'Opéra redonne un souffle au Château de Linières

Ce matin, direction la Mayenne. Plus exactement à Ballée, petite commune de moins de 700 habitants, à 15 km environ au nord de Sablé-sur-Sarthe. C’est là que Julien et Véronique Ostini se sont installés, à la naissance de leur premier enfant, avec un projet complètement fou : faire revivre un château en ruines, le Château de Linières, dont le bâti restant remonte au XVIIe siècle. 

Le faire revivre de quelle manière ?

En en faisant un outil de diffusion de l’art lyrique et dramatique en milieu rural. Lui est metteur en scène. Il a travaillé ces dernières années à l’Opéra de Saint-Etienne, ou au Grand Théâtre de Genève, où il d’ailleurs commencé en tant qu’assistant. Elle, est chanteuse lyrique. Et c’est tout naturellement qu’ils ont décidé, il y a trois ans, de monter chaque été un grand opéra à Linières, avec la participation bénévole d’artistes professionnels. Mais aussi en y associant les habitants du coin. Que ce soit pour de la figuration, pour confectionner les costumes et les décors, fournir les matières premières, loger et nourrir les artistes... Le succès ne s’est pas fait attendre. Dès la première année, avec Carmen, le couple, qui attendait 500 spectateurs, en a rassemblé 1 600 en une soirée, créant 5 km de bouchons à l’entrée du village, se souvient Julien Ostini. L’été dernier, rebelotte avec Aïda, et un nouveau record : 2 300 spectateurs ont pu assister, pour 5 ou 15 €, au célèbre opéra de Verdi.    

Verdi qui sera de nouveau au menu des festivités, cet été…  

Avec cette fois-ci Le Trouvère. Artisans et petites mains bénévoles sont déjà à pied d’œuvre pour les costumes et décors. Les 130 chanteurs et musiciens, parmi lesquels on trouve aussi bien de jeunes chanteurs d’opéra que des directeurs de conservatoire, ou d’anciens instrumentistes de l’Orchestre national des Pays de la Loire, se retrouveront dix jours avant la première représentation. Dix jours de travail intense et de communion avec les bénévoles. « Beaucoup d’anciens participants qu’on croise à la sortie des écoles ou en allant faire nos courses nous en parlent encore avec émotion », souligne Julien Ostini. Avec cette année plus de 300 bénévoles, 70 figurants adultes et 50 figurants enfants, et le soutien de plusieurs mécènes de proximité, comme les fermes d’alentours qui aident pour les repas, la mobilisation ne faiblit pas. Julien et Véronique Ostini aimeraient maintenant attirer l’attention de grands mécènes ou des pouvoirs publics pour pérenniser leur projet. Avec un budget artistique de seulement 12 000 euros, dont 2 000 sont couverts par la subvention de la municipalité, Linières soulève chaque été des montagnes. Mais craint que le mouvement ne s’essouffle sans aide financière.  

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