La chronique de Roselyne Bachelot
Magazine
Vendredi 7 juin 2019
3 min

Hommage à Enesco

La Roumanie, au cœur de l’actualité de l’Union européenne est l'occasion de revenir sur un compositeur bercé de musique tzigane : Georges Enesco !

Hommage à Enesco
Georges Enesco, © Yousuf Karsh

La Roumanie au cœur de l'actualité européenne

Aujourd'hui, nous partons en Roumanie car ce pays de l’Union européenne est au cœur de l’actualité puisque la Roumanie préside durant ce semestre le Conseil de l’Union et aussi parce que le pape François vient d’y faire un voyage remarqué pendant lequel il a particulièrement insisté sur les discriminations dont ont été victimes les populations tsiganes qu’on dénomment aussi roms. 

Cette reconnaissance et cette demande de pardon allaient bien plus loin que les frontières de la Roumanie tant l’actualité met en lumière régulièrement les violences dont sont l’objet les Roms en France. 

Georges Enesco, un compositeur bercé de musique tsigane

C’est l’occasion aussi de parler d’un musicien, sans doute le plus célèbre de Roumanie, Georges Enesco, puisqu’il fut bercé de musique tsigane et qu’il est le plus français des roumains. Roselyne voue un culte à Enesco pour trois raisons, en premier lieu parce qu’il est un compositeur non pas méconnu mais trop peu joué eu égard à la profonde originalité de son génie. Ensuite Enesco fait partie de ces musiciens généreux qui ont eu le gout de transmettre grâce à une méthodologie pédagogique singulière. Enfin parce que son existence dans cette Europe du XX° siècle qui va vivre les abominations des deux guerres mondiales est celle d’un personnage de roman qui a su garder une parfaite intégrité. 

Brève histoire du compositeur

Georges Enesco nait dans la Moldavie roumaine. Son père est un paysan pauvre qui aime chanter dans une chorale, sa mère gratte la guitare et à 4 ans, c’est un tsigane qui lui apprend à jouer du violon. Il a juste 4 ans. Il ne faut pas être un spécialiste pour se rendre compte que ce gamin est un enfant prodige. Son parcours le mène du conservatoire de Iasi, puis de Vienne enfin à Paris où le petit paysan moldave arrive à 14 ans en 1895. 

Influences

Ses maîtres sont Jules Massenet et Gabriel Fauré. Il se lie d’amitié avec Alfred Cortot, Pablo Casals, Maurice Ravel …  Il est le roi des salons parisiens en particulier celui de la princesse Bibesco. Partout on l’acclame des Etats-Unis à a Roumanie natale et passe ses vacances chez la reine Carmen Sylva. La guerre 14-18 le fait d’installer dans son pays où il multiplie les concerts de bienfaisance. 

La France comme seconde patrie

Dès la paix revenue, il retrouve sa seconde patrie la France. On le couvre d’honneurs : Légion d’honneur, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il épouse la princesse Marie Cantacuzène et vole de concerts où le public l’acclame en salons où la haute société l’admire. Après la seconde guerre, il ne peut accepter l’instauration du communisme et s’exile définitivement à Paris. Georges Enesco, c’est vraiment une belle personne qui ne s’est jamais départi d’une profonde humilité, d’un sens de l’humour confondant et d’une humanité profonde. On ne pouvait que l’aimer et il meurt à Paris en mai 1955 veillé par la reine de Belgique ! Mais on aime aussi Georges Enesco pour l’admirable synthèse réalisée dans son œuvre foisonnante entre les sources du folklore roumain et tant d’autres sources qui font le lien entre l’Orient et l’Occident, entre la tradition et l’avant-garde dans un style épuré qui se refuse à toute facilité. 

L'œuvre de Georges Enesco

Au-delà de son extraordinaire talent de virtuose, son génie de compositeur, il a imaginé toute une série d’œuvres destinées uniquement à l’apprentissage et ses élèves témoignent depuis de sa capacité à transmettre. Yehudi Menuhin disait qu’il devait tout à Georges Enesco et à son aptitude à transformer la note en un message vital et d’insuffler vie à la musique. 

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