La chronique de Roselyne Bachelot
Magazine
Vendredi 21 décembre 2018
3 min

Le Concerto pour la nuit de Noël d'Arcangelo Corelli

Les œuvres sur le thème de noël, en particulier dans la musique baroque, ne manquent pas. C’est le célèbre Concerto grosso en sol mineur « Fatto per la notte di Natale » d’Arcangelo Corelli que je voudrais partager avec vous.

Le Concerto pour la nuit de Noël d'Arcangelo Corelli
La playlist spéciale fêtes de Roselyne Bachelot : le Concerto pour la nuit de Noël d'Arcangelo Corelli, © La féerie d'un Noël Italien à Bénodet / Jakez

Il a ouvert le concert donné au Théâtre des Champs Elysées dimanche dernier où certes beaucoup de spectateurs étaient venus pour la superbe Pretty Yende mais qui eurent aussi l’occasion d’écouter la magnifique formation Cappella Gabetta dirigé par le violoniste Andrés Gabetta. 

Arcangelo Corelli qu’on surnomma toute sa vie le Bolognese car il était né près de Bologne en 1653 commence très jeune une carrière de violoniste virtuose. Il passe par le Conservatoire de Bologne et devient à 18 ans le violoniste de l’église Saint-Louis des Français à Rome. 

C’est là qu’il va être influencé par le grand Stradella, l’inventeur du concerto grosso. Il ne va quasiment plus quitter Rome, même si certains rapportent quelques voyages en Europe. Il faut dire que notre Corelli a le don de s’attirer les bonnes grâces sonnantes et trébuchantes de personnalités telle la reine Christine de Suède et de plusieurs monsignores comme le cardinal Pamphili, membre de l’ordre des hiéronymites qui le nommera par la suite comme son maitre de chapelle et surtout Pietro Ottoboni, le propre neveu du pape régnant Alexandre VIII. Ces amitiés influentes lui permettront de vivre dans l’aisance jusqu’à sa mort en 1713 à l’âge de 59 ans.

Ce qui est frappant chez Corelli est le paradoxe entre des compositions finalement assez peu nombreuses sur des formes peu variées, -on peut remarquer ainsi qu’il n’y a aucune composition pour la voix- et l’admiration qu’il suscita chez les plus prestigieux des musiciens de son époque. 

Cinq numéros d’opus seulement de son vivant le 6ème dont est tiré notre concerto pour la nuit de Noël paraissant après sa mort. Il se considérait surtout d’ailleurs comme violoniste et chef d’orchestre. Scarlatti, Muffat ou Haendel ont tenu à le rencontrer quand ils sont venus à Rome. Jean-Sébastien Bach   et François Couperin lui vouaient une admiration sans bornes, Couperin lui dédiant même une composition « Le Parnasse ou l’apothéose de Corelli » c’est dire !

Venons-en à ce concerto grosso pour le nuit de Noël. C’est vraiment Corelli qui a peaufiné cette forme musicale où un violon principal est entouré de quelques instrumentistes regroupés en « concertino » en l’occurrence deux violons et un violoncelle et eux-mêmes entourés d’une formation plus étoffée, grosso, encore appelée ripieno = plein ou tutti, chargé d’harmoniser la basse continue.

Le concerto grosso de Noël, préfiguration incontestable de la forme sonate, est composé de cinq mouvements en sol mineur suivis d’une pastorale en ut majeur, ce qui était révolutionnaire pour le temps. Vous noterez que Corelli se refuse à tout effet de virtuosité pour le premier violon pour donner plus d’intériorité à l’œuvre et nous souhaiter ainsi un très Joyeux Noël !

L’orchestre de Wissembourg placé sous la direction de Marc Bender, premier violon :

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