Vendredi 14 juin 2019
3 min

Lalo le lillois

Nouvel itinéraire, et cette fois-ci : place à Lille avec Edouard Lalo !

Lalo le lillois
Edouard Lalo, © Pierre Petit

Lille, capitale de la culture et de la musique

Capitale de toutes sortes de musique, du rap avec Axiom, du rock avec le groupe Skip the Use, du deathmetal avec Stéphane Burriez, le chanteur guitariste du groupe Loudblast, sans oublier que les deux chansons patrimoniales de la gauche ont été composées par deux lillois, L’Internationale par Pierre Degeyter, et Le temps des cerises par Antoine Renard.

Mais revenons à des auteurs plus classiques ! Vous savez que Roselyne aime bien donner un coup de projecteur sur des musiciens inconnus ou qui, à tout le moins, n’ont pas la place qu’il mérite. Et c’est bien le cas pour le compositeur Edouard Lalo, né à Lille –malgré son nom à consonance méditerranéenne- en 1823. Lalo le lillois donc…

Edouard Lalo

Né dans une famille qui ne prisait pas particulièrement la musique, il décide à 16 ans de partir à Paris malgré l’interdiction de son père. Il y perfectionne sa maîtrise de violon, mais très vite au contact du pianiste Julius Schullhoff et de Joseph-Eugène Crèvecoeur, il se met à la composition avec des mélodies simples accompagnées au piano et se paie même de culot puisqu’il en présente deux à … Hector Berlioz. 

Une entrée refusée au Conservatoire de Paris

Comme Verdi qui n’entra jamais au Conservatoire de Milan, Edouard Lalo ne fut pas accepté ni comme élève, ni comme professeur au Conservatoire de Paris. Des plus médiocres y furent admis dont personne ne se souvient. D’une modestie maladive, doutant de son talent, vivant pauvrement, il était néanmoins reconnu par des amis fidèles comme le peintre Auguste Delacroix (attention pas Eugène) et fut soutenu par Charles Gounod. Il s’était lié pendant ses études avec le violoniste Jules Armengaud avec qui il fonde la quatuor Armengaud qui s’était fixé la promotion des musiciens allemands, Lalo vouant un véritable culte à Wagner.

A l’aube de ses quarante ans, sa vie va changer en épousant une chanteuse lyrique célèbre Julie de Marigny. Il quitte la banlieue et vit à Paris, crée un salon de musique où le couple reçoit tous les vendredis ! 

Cette relative aisance va lui permettre de quitter le registre de la composition de simples mélodies ou d’œuvres pour des effectifs réduits, comme son Quatuor à cordes. Perfectionniste de manière aussi pathologique, il aurait composé deux symphonies puis, insatisfait, les aurait détruites.

Une période de créativité

Heureusement, sa fréquentation des salons parisiens, l’aisance matérielle et une vie conjugale harmonieuse vont lui permettre d’entamer avec les années 1870 un période de créativité et de notoriété, sinon de célébrité. Foin de mélodies et de musique de chambre, la musique orchestrale l’attend avec un ballet commandé par l’Opéra de Paris, Namouna, qui enthousiasma Debussy – « un chef d’œuvre » - et Fauré, un Concerto pour violon et un Concerto pour violoncelle et surtout la célèbre Symphonie espagnole, tout à fait dans l’air du temps puisqu’elle est contemporaine de Carmen.

Sources de folklore

Elle rejoint d’ailleurs le goût que portait Lalo aux sources du folklore, espagnol mais aussi russe ou norvégien. Mais c’est à la Bretagne qu’il doit sa source d’inspiration la plus notoire avec le Roi d’Ys, composé pour sa femme Juliette. Cette œuvre magnifique est peu jouée du fait de ses difficultés scéniques, la dernière production notable étant celle du capitole de Toulouse où le très regretté Franck Ferrari, trop tôt disparu, chantait Karnac.

Mais c’est évidemment le célébrissime Vainement ma bien-aimée que vous invite à déguster et c’est le ténor Nicolaï Gedda qui nous ravit, Georges Prêtre à la baguette de l’Orchestre de la radiodiffusion française…  Alleluia pour Lalo le lillois !

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