La chronique de Roselyne Bachelot
Magazine
Vendredi 29 mars 2019
3 min

Le retour du Postillon

Après un tour du monde au gré de ses chroniques, Roselyne propose cette semaine un retour en France et très précisément à l’Opéra-Comique !

Le retour du Postillon
Le Postillon de Lonjumeau, dans une mise en scène de Michel Fau, © Opéra Comique 2019

Le Postillon de Lonjumeau

Le directeur de l'Opéra-Comique, Olivier Mantei, a eu la succulente idée d’inscrire au programme le Postillon de Lonjumeau, une œuvre jubilatoire et qui était devenue une rareté, ce qui est totalement incompréhensible.

En effet, quand cette œuvre est créée en 1836 par l’Opéra-Comique dans la Salle de la Bourse, le triomphe est immédiat et il va être joué par la troupe plus de 500 fois avant de disparaitre de son répertoire en 1894. Son compositeur Adolphe Adam, celui de Minuit, chrétiens et de Giselle, avoue même que le succès dépassa toutes ses attentes. Ce qui est encore plus confondant est que le succès du Postillon ne s’est jamais démenti à l’étranger et en particulier en Allemagne.

Mise en abîme d'une histoire d'opéra dans l'opéra

Le fringant postillon, Chapelou, le jour même de son mariage avec la jolie aubergiste Madeleine, est repéré pour ses performances vocales par le marquis de Corcy et embauché comme ténor à la cour de Louis XVI. La jeune femme abandonnée le jour même de ses noces va tout faire pour le récupérer. 

Devenue riche et se faisant passer pour une aristocrate, elle va reconquérir son mari qui ne l’a pas reconnue et le ré-épouser une seconde fois. Tout cela est mené rênes courtes dans un tourbillon de quiproquos, de fausses identités, de déguisements. 

La musique d'Adolphe Adam

La musique d’Adolphe Adam est d’une grande qualité qui tranche avec les facilités de certains opéras-comiques avec un superbe solo de clarinette au troisième acte. On peut se demander d’ailleurs si les difficultés de la partition ne sont pas une des raisons de la désaffection qui a frappé cette œuvre durant des décennies. Elle exige beaucoup de virtuosité des interprètes et le ténor est attendu avec sadisme par tous les amateurs : va-t’il réussir le fameux contre-ré du tube planétaire Ah, qu’il était beau le postillon de Lonjumeau !

Enregistrements dérivés

Pour préparer cette émission, Roselyne Bachelot, a cherché un enregistrement à vous conseiller et ils sont rarissimes ! Un seul surnage, celui de 1986 avec John Alen, June Anderson, Jean-Philippe Lafont, François le Roux. 

Olivier Mantei a mis toutes les chances de son côté pour fair du retour du Postillon dans sa maison un grand succès. Une mise en scène rutilante, raffinée, décadente, délirante de Michel Fau que l’on retrouve travesti –il adore ça- dans le rôle de la servante Rose. Costumes de Christian Lacroix s’il vous plait… 

Floria Valequette, Franck Le Guérinel, Laurent Kubia sont aux côtés du ténor américain Michaël Spyres. Il nous avait enchanté sur cette même scène dans La nonne sanglante il y a quelques mois et il fait partie des quelques ténors qui peuvent envoyer le fameux contre-ré qu’on ne retrouve guère que dans le fameux Asile héréditaire de Guillaume Tell. A la baguette Sébastien Rouland avec l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Rouen Normandie avec lequel l’Opéra Comique est en coproduction. 

Rendez-vous donc Salle Favart à partir de demain samedi et jusqu’au 7 avril en précisant qu’un dispositif complet pour les mal ou non-voyants sera en place les 5 et 7 avril.

Pour vous rassurer, Roselyne Bachelot vous laisse écouter la bande-annonce du spectacle, Michaël Spyres …et le contre ré !  

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