Vendredi 8 février 2019
3 min

Gustavo Dudamel

Roselyne Bachelot tisse un lien entre le chef d’orchestre Gustavo Dudamel et l’actualité politique. Mais lequel ?

Gustavo Dudamel
Gustavo Dudamel, © Adam Latham

Le Venezuela au cœur de la politique internationale

La politique internationale a été puissamment marquée par les troubles majeurs qui secouent le Venezuela dans un tableau de crise humanitaire sans précédent. 

La musique classique en lien avec la politique ?

Ce lien ne relève pas de la pure coïncidence car, dans le cas du Venezuela, il n’en est rien. 

Au début des années 1970, un homme politique vénézuélien, José Antonio Abreu, a une idée géniale. Chaque enfant qui le désire se voit attribuer un instrument, reçoit l’appui d’un tuteur et peut jouer dès l’âge de deux ans dans une formation plusieurs heures par jour. 

Pour mettre son idée en action, il reçoit l’appui du président de la république bolivarienne de l’époque Carlos Andres Perez, dont on va oublier pudiquement qu’il a été destitué en 1993 pour de graves malversations, emprisonné et qu’il a fini ses jours en exil. 

El sistema

Sous l’impulsion de ces deux hommes est fondé cette opération baptisée _El sistema_qui n’a d’équivalent nulle part dans le monde. 

Il y a dans le pays 500 000 jeunes qui pratiquent avec un focus particulier sur les plus démunis, 126 orchestres semi-amateurs et 36 orchestres symphoniques professionnels avec 15 000 professeurs dans 136 conservatoires. 

Si on le rapportait à la France, on compterait 1 200 000 petits français qui joueraient dans un orchestre et plus de 80 orchestres symphoniques professionnels. 

Orchestre symphonique des Jeunes du Venezuela

Le fer de lance de cette affaire est l’Orchestre symphonique des Jeunes du Venezuela qui au sein d’un fondation d’Etat anime tous ces orchestres. Avec un culot d’acier, Hugo Chavez s’est approprié El sistema, en soutenant qu’il en était à l’origine alors qu’il a été fondé 15 ans avant son arrivée au pouvoir par un de ses pires adversaires politiques. 

Gustavo Dudamel,  pur produit de El sistema

Le grand Gustavo Dudamel est un pur produit de El sistema. Son père était tromboniste et sa mère professeur de chant et ils détectent très vite l’étonnante précocité de leur petit garçon qui à 6 ans, est capable de déchiffrer la V° Symphonie de Beethoven et il en mime la direction d’orchestre devant ses parents. 

Grace à El sistema, il apprend le violon et son fondateur José Antonio Abreu va le prendre sous son aile pour commencer sa formation au sein du fameux Orchestre symphonique des jeunes du Venezuela Simon Bolivar. 

Il a seulement 18 ans quand il dirige cet orchestre et Simon Rattle le remarque lors d’un déplacement en Allemagne. Il devient son assistant et la machine à du succès est enclenchée quand il remporte le prix de direction d’orchestre Gustav Mahler. 

Une formation l'amenant au rang des chefs stars de son époque

Gustavo Dudamel est maintenant un des chefs d’orchestre stars qui se produisent partout dans le monde et il a fait ses débuts à l’Opéra de Paris fin 2017 dans La Bohême mise en scène par Claus Guth. Il fallait bien la richesse des couleurs, le mordant des attaques et les pupitres capiteux voulus par Gustavo Dudamel pour nous faire oublier les pauvres personnages perdus dans une station spatiale à la dérive !

Alors dans une salle de Caracas survoltée, Gustavo Dudamel est à la tête de l’Orchestre des jeunes Simon Bolivar qui nous joue Mambos

Il y a le feu !

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