Vendredi 1 mars 2019
3 min

Cantates en salons

La rhétorique des conquérants de Mars : créer le rêve ! Ainsi, peu après le lancement de Mars en baroque, Roselyne Bachelot nous donne à entendre les origines de la cantate française avec notamment un zoom sur une compositrice qui lui est chère : Élisabeth Jacquet de La Guerre !

Cantates en salons
Élisabeth Jacquet de La Guerre, © DR

Mars en baroque

Mercredi, Jean-Marc Aymes, le directeur artistique du festival Mars en baroque à Marseille, était l’invité de Musique Matin !

Une nouvelle édition placée cette année sous l’égide du compositeur provençal André Campra

La part belle aux femmes

Une édition promouvant les musiciennes et le 8 mars, journée internationale des Droits des femmes en portera témoignage. 

Aux archives départementales, un concert de l’ensemble féminin Amarillis sera consacré à l’image de la femme dans la cantate française du XVIIIe siècle. 

Cet ensemble Amarillis dirigé par l’hautboïste Héloïse Gaillard et la chef de chant et claveciniste Violaine Cochard est particulièrement chère au cœur de la mélomane qu’est Roselyne. 

En effet, l’ensemble est depuis 2012 l’ambassadeur culturel de la ville d’Angers. Vous y retrouverez la soprano Hasnaa Bennani et la violoniste Alice Pierot ! Naturellement, rien que des femmes pour faire chanter « au fil des saisons ».

Découverte d'un objet musical

En outre, il s’agira d’un hommage aux musiciennes et l’occasion de découvrirl l’ « objet » musical qu’est la cantate française : ni opéra, ni oratorio, qualifiée parfois de « opéra-miniature ». 

Naissance de la cantate

Pas de chauvinisme excessif, la forme cantate est née en Italie et son maitre incontesté est bien Scarlatti avec pas moins de 800 cantates au compteur avec ses deux variantes, cantata di camera profane et cantata di chiesa sacrée. 

En France, elle prend son essor au début du XVIIIe siècle

La mort de Lully fait entrer l’opéra en désaffection et l’Académie royale de musique, ancêtre de l’Opéra de Paris, collectionne alors les échecs. 

Jean-Baptiste Morin et Nicolas Bernier ouvre le bal des cantates et une centaine de compositeurs vont suivre leurs traces et nous laisser plus de 400 œuvres : Marc-Antoine Charpentier et sa remarquable cantate Orphée descendant aux enfers avec pour la première fois un violon comme instrument concertant, Sébastien de Brossard, Pignolet de Montéclair, Rameau, Clérambault et la chouchoute de Roselyne Bachelot : Elisabeth Jacquet de la Guerre !

Elisabeth Jacquet de la Guerre

Une compositrice en accord avec la vie culturelle si caractéristique des salons parisiens du XVIIIe siècle où les femmes y sont à la manœuvre pour animer ce foisonnement intellectuel du Siècle des Lumières : de Marie-Thérèse Geoffrin à Julie de Lespinasse. 

On chante, on danse, on récite des poèmes, on philosophe, on rivalise de mots d’esprit, on se moque de la Cour parfois si compassée, c’est là que se prépare la Révolution

On pousse les fauteuils et les tabourets, autour du clavecin on donne ces cantates courtes pièces où alternent airs et récitatifs sans décors ni costumes. 

Licence d'une époque libertine

Les sujets sont souvent empruntés à la mythologie et permettent ainsi toutes les licences d’une époque libertine. C’est ce XVIII° siècle, si brillant et si excitant que nous donnent à entendre Amarillis et Mars en baroque

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