Vendredi 22 mars 2019
3 min

Cap sur la Nouvelle-Zélande

Vendredi dernier l’indignation fut planétaire devant les massacres en Nouvelle-Zélande et en regardant les reportages sur cette abomination, Roselyne n'a pu s'empêcher de constater que nous ne connaissions peu de choses sur la Nouvelle-Zélande !

Cap sur la Nouvelle-Zélande
Chants et danses Maori, © Pietro Izzo

Peter Jackson

Les cinéphiles connaissent ses paysages grâce au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson qui y tourna plusieurs de ses films, en particulier les trois épisodes du Seigneur des anneaux et nous en fit ainsi découvrir les images époustouflantes.

Les All Blacks

Mais pour nous français , la Nouvelle-Zélande, c’est d’abord le pays des All Blacks qui nous fit subir tant de cuisants défaites rugbystiques, 49 défaites contre 12 victoires depuis notre premier affrontement en 1906. Les All Blacks, c’est bien sur le fameux haka, issu de la musique traditionnelle maorie. 

Une petite précision, les maoris ne sont pas un peuple aborigène au sens strict. Ils sont venus de Polynésie à partir du 13ème siècle, précédant de 3 siècles les européens. La musique maorie est une musique simple mêlant voix et percussions, destinée à accompagner les événements festifs individuels et collectifs. Le haka est lui destiné à accompagner les affrontements soit sans armes comme le rugby, c’est le haka taparahi, ou les affrontements guerriers avec armes le haka peruperu

Roselyne Bachelot n'est pas prête d’oublier le match de 2007 au Millenium de Cardiff ou la France sous une pluie battante gagna 20 à 18 et les hommes de Raphaël Ibanez avançant menaçants pendant le haka au ras du museau des Blacks, ce jour-là en gris et noir…

La Leçon de piano, Jane Campion

Mais peut-être l’image la plus profonde, la plus émouvante et la plus complexe de la Nouvelle-Zélande nous est-elle donnée par le superbe film de Jane Campion _La leçon de piano_

Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande, Jane Mander

Cette œuvre est tirée du livre de Jane Mander _Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande_. 

Jane Mander est peu connue et c’est bien dommage. Institutrice, journaliste – en particulier correspondante du Christchurch Dimanche - militante féministe et surtout écrivaine, elle vécut toute son enfance dans une ferme installée dans le domaine royal maori.

Toute la famille partage avec les maoris la cueillette de gomme caori et elle apprend à connaitre un peuple qui vit en symbiose avec la nature. 

Toute son œuvre est traversée par ces antagonismes, l’esprit de conquête des colons anglo-saxons mais aussi leur sexisme et leur machisme, le Nouvelle-Zélande, premier pays au monde à donner le droit de vote aux femmes dès 1893 mais qui ne permet pas aux femmes de poursuivre des études universitaires et de vivre une vie sexuelle libre, l’explosion sensuelle et sauvage d’une nature préservée et les contraintes puritaines d’une société figée. 

C’est tout cela qui est admirablement rendu dans _Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande_, paru 10 ans avant L’Amant de Lady Chatterley, où elle milite pour la liberté sexuelle et défend l’adultère, ce qui lui vaudra une réputation de dévergondée alors que sa vie personnelle en était bien éloignée. Jane Campion a parfaitement traduit ces antagonismes ce qui valut à son film baigné des paysages néo-zélandais une pluie de récompenses.

Alors en hommage d’amitié à nos amis néo-zélandais si durement éprouvés, l’envoutante et nostalgique musique de Michaël Nyman...

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