La chronique de Julie Depardieu
Magazine
Mardi 29 janvier 2019
3 min

Satie par Cocteau dans "Le Coq et l'arlequin"

La manifeste de la musique française du premier vingtième-siècle fait la part belle à l'auteur des "Gymnopédies", de "Parade" et des "Trois morceaux en forme de poire".

Satie par Cocteau dans "Le Coq et l'arlequin"
Portrait d'Erik Satie (Honfleur, 1866 - Paris, 1925) par Jean Cocteau (1889-1963), 1916. Paris, Bibliothèque Nationale De France., © De Agostini/Getty Images

"Satie enseigne la plus grande audace à notre époque : être simple. Il déblaie, il dégage, il dépouille le rythme. Les musiciens impressionnistes coupèrent la poire en douze et donnèrent à chacun des douze morceaux un titre de poème. Alors, Satie composa douze poèmes et intitula le tout : « Morceaux en forme de poire. "

"Le public est choqué par le charmant ridicule des titres et des notations de Satie. (...) On lui a reproché d’avoir envoyé à un critique des cartes grossières ; je le lui reproche aussi. Avouerai-je que j’ai reçu de Satie des cartes analogues en pleine collaboration, au plus fort de notre amitié ?"

"La plus petite œuvre de Satie est petite ​comme un trou de serrure​. Tout change si on approche son œil. Satie est le contraire d’un improvisateur. On dirait que son œuvre est toute faite d’avance et qu’il la dégage note par note, méticuleusement. Satie montre une route blanche où chacun marque librement ​ses​ empreintes."

Jean Cocteau, Le Coq et l'arlequin (1918)

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