La chronique de Guillaume Tion
Magazine
Jeudi 26 décembre 2019
2 min

Yes ! de Maurice Yvain au Théâtre de l'Athénée à Paris

Cette semaine, Guillaume Tion était au Théâtre de l’Athénée, pour le spectacle bouffe annuel donné par les Brigands du 19 décembre au 16 janvier. Ce Noël c’est Yes !, opérette de Maurice Yvain datant de 1929, dans la mise en scène de Vladislav Galard et Bogdan Hatisi.

Yes ! de Maurice Yvain au Théâtre de l'Athénée à Paris
Yes ! de Maurice Yvain, © Michel Slomka

Alors direz qu’aller dans un théâtre public pour entendre des opérettes c’est déjà du brigandage... Guillaume Tion vous répondra : pas du tout, que nenni, vous n’y êtes pas. L’intérêt de la démarche des Brigands, compagnie au seuil de sa vingtième année, réside dans le dynamitage de ces oeuvres compassées d’un passé à ce point dépassé.

Tantôt une idée de mise en scène détourne le programme, tantôt c’est un choix de transposition, parfois c’est même le simple fait de remettre en lumière des oeuvres oubliées qui ne le méritaient pas forcément. Avec les Brigands, c’est une lente balade dans le répertoire léger français qu’on avance d’année en année.

Ce Yes !, méritait-il d’être oublié ?

A moitié. ! Il présente une intrigue tout à fait conventionnelle : l’héritier des pâtes Gavard est sommé par son père de se marier à Valparaiso avec une inconnue. Comme le jeune homme préfère faire la bringue que de suivre les injonctions paternelles, il se marie en blanc avec sa manucure. Evidemment il va finir par en tomber amoureux.
Ce canevas vient se glisser dans un feuilleté de chansons très denses, quasi ininterrompu, qui fait ressembler le spectacle à un tour de chant. Toutes les cinq minutes, sa chanson, merveilleusement écrite par Albert Willemetz, et ses applaudissements.

Primauté à l’efficacité et à la drôlerie, et dans le genre Yes ! fonctionne parfaitement. Y compris quand il se lance dans des chansons plus sérieuses, comme celle du candidat communiste malheureux à la députation, ou comme la chanson-titre, Yes !, qu’avait par ailleurs repris Julie Fuchs dans son premier album solo en 2015.

C’est donc un spectacle que Guillaume Tion vous conseille. Notamment parce qu’il propose un gros travail sur l’interprétation musicale, dans une formule trio piano, contrebasse, batterie, mais dont les musiciens sont aussi des multi-instrumentistes. Il s’intègrent au spectacle, s’échangent les rôles derrière les instruments, rajoutent guitares, flûtes, marimba, et transforment la musique en un fascinant personnage qui se déplace sous nos yeux. Avec un sublime changement de décor tout en rythme.
Rien que pour ça, on y va ! 

Distribution :

René Gavard, le roi du vermicelle, Éric Boucher
Maxime Gavard, son fils, Célian d’Auvigny
César, Mathieu Dubroca
Roger, Flannan Obé
Totte, Clarisse Dalles
Loulou / Lady Winchester, Caroline Binder
Mme de St-Aiglefin, Anne-Emmanuelle Davy
M. de St-Aiglefin, Gilles Bugeaud
Marquita Negri, Emmanuelle Goizé
piano et vibraphone, Paul-Marie Barbier
contrebasse, Matthieu Bloch
percussions et piano, Thibault Perriard
Compagnie Les Brigands

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