La chronique de Guillaume Tion
Magazine
Mercredi 27 novembre 2019
2 min

L’Ircam à Taipei

Guillaume Tion revient sur l'inauguration du partenariat entre l'Ircam et le C-Lab à Taipei, sur l'île de Taïwan.

L’Ircam à Taipei
Vue de Taipei, Taïwan, © Getty / chenning.sung @ Taiwan / Coll. Moment

Pour ceux qui ne sont pas versés dans le contemporain, l’Ircam est l’acronyme de Institut de recherche et coordination acoustique / musique, un centre fondé à l’initiative de Pierre Boulez au début des années 70. L’institut s’est notamment spécialisé dans la transdisciplinarité appliquée au son. Alors comment est-ce que cela fonctionne ? Eh bien comme un site de rencontre. Un artiste débarque avec des rêves sonores plein la tête, et l’Ircam va l’aider à les réaliser en lui adjoignant des ingénieurs sons, des scientifiques, des réalisateurs informatiques. Tout un troupeau de chercheurs. Le futur créatif doit être décloisonné. C’est par le mélange des natures que viendra la lumière de la nouveauté. Après il y a des mélanges moins adaptés. Par exemple, à la radio, si vous vous mettez à mimer vos informations, ce sera novateur mais assez opaque pour les auditeurs.

Que représente ce C-Lab ? 

Le C-Lab se veut le centre culturel contemporain taïwanais, un projet gigantesque d’une superficie de 7 ha, développé sur d'anciennes casernes et qui vient d’ouvrir au coeur de de la capitale, autant dire un emplacement rare. Il s’est fixé à horizon 2028 le développement de trois pôles : un sound lab, pour le son, un media center, pour l’image, et un centre d’innovation sociale, pour bâtir des passerelles entre culture et société. Donc, en voulant faire se rejoindre arts, technologie et science, la ministre de la Culture taïwanaise, qui a par ailleurs fait ses études à Nanterre, a naturellement pensé à l’Ircam, qui a accepté de prendre en charge et d’accompagner le C-Lab dans ses premières années. Ce qui a donné lieu à deux concerts inauguraux sous le parrainage des deux institutions.

Des oeuvres contemporaines et interdisciplinaires

Notamment Opus, une performance du compositeur Tovel, qui transforme le son d’un quatuor à cordes en épopée électro coordonnée à des transformations visuelles du collectif 1024 Architectures. Très réussi, très applaudi, même sous la pluie. Le lendemain, deux autres oeuvres de compositeurs contemporains qui faisaient appel à des réalisations électroniques : une pièce de Raphaël Cendo, dans laquelle un percussionniste dialogue avec différents types de sons, ce qui produit une course à la complémentarité entre instrument et machine. Et une pièce d’Alexandre Schubert, où les musiciens de l'ensemble L'instant donné, en plus de jouer des sons acoustiques, déclenchent des sons amplifiés grâce à un système accroché à leur poignet. Jouer ou mimer le jeu revient à produire des sons dans les deux cas. Ludique et inspiré. Et puis il y a également eu une partie plus traditionnelle, l’interprétation des Amants papillon, célèbre concerto pour violon chinois interprété avec instruments traditionnels et soliste amoureux des glissandi. Mais pour tout le monde il n'y avait pas de doute, les amants papillons c'était bien l'Ircam et le C-Lab.

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