La chronique de Guillaume Tion
Magazine
Mercredi 19 février 2020
2 min

Parsifal de Wagner à l'Opéra national du Rhin

Guillaume Tion était à Strasbourg, pour assister à une nouvelle production de l’Opéra national du Rhin, Parsifal.

Parsifal de Wagner à l'Opéra national du Rhin
Parsifal de Wagner à l'Opéra national du Rhin, © Klara Beck

Guillaume Tion avait critiqué récemment une production de Parsifal donnée à Toulouse.

L’oeuvre est à la mode. Secrètement notre société châtrée doit attendre l’arrivée d’un messie pour panser ses plaies à l’aide de la religion.
Bref, cette nouvelle production est d’abord caractérisée par une mise en scène ambitieuse. Amon Miyamoto, le metteur en scène de cette coproduction franco-japonaise avec le Tokyo Nikikai Opera, a décidé de plonger les personnages du festival scénique sacré wagnérien dans un musée.

S’ouvrent alors deux voies temporelles. La première, celle du présent, suit un jeune héros en rupture familiale, qui se promène avec les visiteurs du musée. La seconde, celle de l’opéra en propre, lance dans les salles les protagonistes de Parsifal. Et les deux temporalités se mélangent sans problème.

C'est le Christ qui fait le lien entre toutes les époques, car tout ce beau monde se trouve aussi entouré de toiles représentant la passion. Certains protagonistes sont aussi vêtus en costumes antique, d’autres en tenue moyenâgeuse. Un bon bazar qui se révèle tout à fait cohérent. Malgré la présence d’un gorille.

Dans ce musée qui présente une expo qui s’appelle Humanité, il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Et un gorille assiste donc à la tragédie wagnérienne. Tout comme notre cher Parsifal va rechercher d’où il vient lui aussi.

Bref, la mise en scène a des idées, c’est indéniable. Elle a surtout l’ambition d’emballer Wagner, et pourquoi pas le genre opératique en soi, dans une enceinte patrimoniale en interaction avec notre quotidien. Le jeune héros est un Parsifal en devenir, la résolution de ses problèmes se trouve dans cette oeuvre qui se déroule sous ses yeux. Cela donne un assez bon moyen pour signifer les résonances et l’importance des oeuvres du passé, dans notre réalité. C’est en fait un bon moyen de montrer l’universalité d’une oeuvre comme Parsifal.

Qu'en est il des chanteurs ?

C’est l’autre surprise : ce Parsifal est remarquablement interprété, et l’on peut sortir du lot par exemple la formidable basse allemande Ante Jerkunica dans le rôle de Gurnemanz ou encore la mezzo Christianne Stotijn qui interprète Kundry, sans oublier le belge Thomas Blondelle, Parsifal de très bonne mesure.

Bref, de Toulouse à l’Alsace, Parsifal a tendu en France cet hiver une belle diagonale.

Parsifal a retrouvé le 21 et 23 février à Mulhouse.

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