Vendredi 5 mars 2021
2 min

Le streaming : solution ou désillusion ?

Pour sa toute dernière chronique, Guillaume Tion nous emmène à la rencontre de Kamel B, fidèle auditeur de France Musique et spectateur assidu de concerts et opéras, afin de dévoiler le véritable ressenti de nos auditeurs, face au streaming proposé depuis presque un an.

Le streaming : solution ou désillusion ?
Concert du nouvel an du Grand Théâtre à Guiyang, en Chine - La chronique de Guillaume Tion, © Maxppp / CHINAFOTOPRESS/MAXPPP

Après avoir parlé des metteurs en scène, des scénographes, des librettistes, des chanteurs, des maestros, des chefs de chant, des costumiers et autres artisans de l’art, il est temps aujourd’hui de nous intéresser à vous, très chers auditeurs !

Comment vivez-vous depuis un an cette injonction à consommer de la culture depuis votre canapé, coincé entre un streaming d’une vieille production, la quotidienne de Culture Box ou la diffusion en live d’un concert sur France Musique ? 

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Pour se faire, nous avons décidé de demander le ressenti de Kamel B, une figure au croisement des réseaux sociaux et du lyrique. Quiconque aime l’opéra et se connecte à Twitter connaît Kamel B, fidèle auditeur de la station et spectateur assidu des concerts, quand ils se donnaient encore.

Le streaming : un nouveau mode de consommation des concerts

Kamel B vit très mal ce confinement des spectacles : “Le streaming est un média hyper froid, qui n’est vraiment intéressant que pour ses à-côtés, qu’on commence à voir apparaître en France, des reportages en coulisse, des interviews. Ce n’est pas la panacée.” 

Qu’est-ce qui manque alors à l’amateur de lyrique ? “Le décorum, la sensualité du lieu, les parfums, l’odeur des fauteuils, l’excitation de se rendre dans une salle, l’adrénaline que cela produit. Les discussions avec des amis à l’entracte. C’est irremplaçable. Même le fait de parler avec son voisin ou sa voisine que l’on ne connaît pas, c’est irremplaçable.” Le spectacle intervient comme accélérateur social. 

Mais c’est peut-être aussi le bénéfice de cette situation. Accepter que le spectacle entre dans nos vies par l’intermédiaire de la télé, simplement, et s’offrir la possibilité d’écouter Wozzeck tout en allant chercher des cacahuètes, plaisir qui relève de l’impensé à Bastille. Tout ceci, Kamel B n’en a cure, bien au contraire. 

Ce qui est absent du streaming, c’est le rite, la cérémonie presque sacrée. La communion entre les artistes et avec les artistes. Les entendre même respirer. Parfois, on a l’impression que ce qu’ils chantent vous est dédié, alors qu’à la caméra on ne l’a pas du tout. L’opéra c’est Parsifal, la cérémonie. Par exemple, pendant la messe, vous ne partez pas.” 

L'équipe de l'émission :