La chronique de Guillaume Tion
Magazine
Mercredi 2 janvier 2019
3 min

Un nouveau départ - C’est mioche #19

Et si on s'intéressait aujourd'hui aux débuts de morceaux. Les ouvertures, préludes et autres introïts livrent leurs secrets en ce second jour de l'année.

Un nouveau départ - C’est mioche #19
Les débuts de morceaux : ouvertures et préludes par Guillaume Tion, © Giambra

Aujourd’hui nous allons nous intéresser aux débuts, aux ouvertures.
Rappelez-vous, la semaine dernière, autant dire un siècle, nous avions évoqué les fins de morceaux classiques. Et nous nous sommes aperçus qu’ils étaient très représentatifs de la période durant laquelle ils avaient été créés.

Nous allions du baroque… au contemporain… en passant par la période romantique.

Je vous propose donc, pour cette première émission de l’année, d’observer un peu la façon dont ces morceaux débutent.

Nous commencions par Gluck, qui terminait de façon abrupte mais pas violente. Comme s’il avait oublié de préciser de finir. Et bien il commence pareil, écoutez. Il ne prévient pas qu’il commence.

Et notre génie Mozart, qui finissait langoureusement son Concerto n°21 sur un sentiment d’attente…… démarre langoureusement et se fait attendre pour finir son thème.

Changeons d’époque, passons aux romantiques et préromantiques

Nous avions un finale de la 5e de Beethoven qui envoyait de la scansion et des trompettes.

Enfin avec Berlioz, nous avions une marche de Radoczy qui s’achevait sur des cuivres puissants.

Passons aux post-romantiques

Rachmaninov s’achevait dans le délire pianistique intempestif. Rebelotte en ouverture !

Et Khatchaturian n’en finissait pas de finir son génial concerto pour violon. Ecoutez, il n’en finit pas non plus de commencer…

Et Earl Hines, qui s’amusait à la fin de son Tea for two en attendant la dernière minute pour résoudre ? Et bien il début de la même façon, il avance peu à peu pour chercher sa tonalité ! 

Aucun piège

Cela veut dire qu’une certaine cohérence compositionnelle veut que l’esprit des ouvertures et des fermetures soit le même.

En plus de finir par l’accord par lequel on a commencé, il faut aussi conserver la même couleur orchestrale. Un morceau, c’est aussi une boucle d’une couleur unie. 

Alors je propose qu’on retourne la situation et qu’on se dise que si les fins sont comme les débuts, on n’a qu’à bien commencer l’année pour être sûr qu’elle se finisse bien !

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