Vendredi 29 octobre 2021
2 min

La dynamique positive de l'Orchestre National de Metz

Alors qu'il y a quelques années, une fusion avait été évoquée avec l'Orchestre de l'Opéra national de Lorraine, l'Orchestre National de Metz est un orchestre qui compte sur la place musicale française. Christian Merlin salue cette belle dynamique et les nombreux projets menés par l'ensemble messin.

La dynamique positive de l'Orchestre National de Metz
David Reiland, directeur musical de l'Orchestre national de Metz, © Cyrille Guir

L’Orchestre National de Metz n’est pas la plus connue de nos formations régionales, mais c’est assurément une des plus dynamiques. Un orchestre attachant, doté d’un son et d’une souplesse que le précédent directeur musical Jacques Mercier avait développé avec beaucoup de professionnalisme.
Son successeur David Reiland lui insuffle une énergie et une curiosité bienfaisante, dont on peut juger en ce moment avec la sortie d’une très belle version du 1e Concerto pour piano de Brahms avec l’excellent Geoffroy Couteau. On a pu aussi s’en apercevoir lors du dernier Festival Berlioz où, rendu indisponible à cause de l’impossibilité de voyager, David Reiland a dû céder la baguette à un chef remplaçant dans un programme d’œuvres rares et virtuoses où l’orchestre a donné le meilleur de lui-même.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Pourtant, il existe un élément qui risque de freiner l’orchestre dans cette dynamique positive et dans son développement futur, au moment de passer la vitesse supérieure : la taille critique. Avec un effectif statutaire de 70 musiciens, on est certes bien au-dessus de la formation Mozart à 40, mais aussi sensiblement en-dessous de la grande formation symphonique d’une centaine de musiciens. Celle-ci permettrait d’une part aux instrumentistes d’alterner au lieu de jouer tout le temps, mais elle permettrait surtout de pouvoir programmer facilement les symphonies de Mahler et Le Sacre du printemps sans avoir recours à une armée de supplémentaires. D’autant que, avec l’Arsenal, l’orchestre dispose de la salle idéale pour cela. Ce serait aussi bénéfique pour la pâte sonore. Question de volonté politique, même s’il est rarissime qu’une municipalité crée 20 postes de musiciens comme l’a fait celle de Toulouse pour l’Orchestre du Capitole. Mais rappelons qu’il y a quelques années, lors d’un colloque sur le paysage orchestral français, Laurent Bayle avait souligné que Nancy est à 55km de Metz et compte aussi un orchestre. Et de poser la question : plutôt que deux orchestres de 60 musiciens, ne serait-il pas profitable que la Lorraine en compte un seul de 120 ? Il y a du pour et du contre, entre le souci de préserver deux formations qui ont leur identité culturelle et leur ancrage local, et l’intérêt qu’il y aurait à disposer d’une grande phalange symphonique. Je n’ai pas la réponse, mais la question mérite d’être posée

L'équipe de l'émission :