Vendredi 8 octobre 2021
2 min

"Small is beautiful" : quand les orchestres réduisent leurs effectifs pour surmonter la crise sanitaire

Pendant les restrictions sanitaires, on a constaté des effectifs plus petits dans les orchestres en lieu et place des grandes machines symphoniques. Est-ce que cela aura pour conséquence de modifier durablement le répertoire des orchestres ou est-ce seulement un phénomène transitoire ?

"Small is beautiful" : quand les orchestres réduisent leurs effectifs pour surmonter la crise sanitaire
Les orchestres sont nombreux à jouer en effectif réduit depuis la crise du covid mais est-ce que cela s'inscrira véritablement dans la durée ?, © AFP / Frederick FLORIN

Le concert inaugural du Festival de Lucerne 2021, par l’Orchestre du Festival dirigé par Riccardo Chailly, culminait sur la 6e Symphonie de Schubert, la « petite » en ut majeur, d’un format très mozartien.
Choix très inhabituel s’agissant de l’orchestre fondé par Claudio Abbado, et qui a construit sa réputation sur les grandes symphonies de Mahler et Bruckner. Choix dicté par les règles de distanciation physique entre les musiciens, obligeant à réduire l’effectif.
D’habitude, dans les concerts symphoniques, ces œuvres issues du classicisme haydnien sont placées en début de programme, comme pour s’échauffer (ou s’en débarrasser !) avant de passer aux choses sérieuses avec Le Sacre du printemps ou un poème Symphonique de Strauss. Cette fois, c’était le plat de résistance. De quoi se demander si cela allait insuffler une évolution durable ou si l’on allait vite revenir aux grands effectifs. Le début de saison à Paris semblerait plutôt pencher sur le retour du naturel au galop, avec en quelques semaines Mahler, Wagner et Chostakovitch.

Mais plus tard dans la saison l’Orchestre de Paris a prévu plusieurs programmes Mozart et c’est un phénomène très intéressant. D’abord parce qu’il est important que les formations symphoniques se réapproprient un répertoire largement abandonné aux orchestres de chambre et ensembles spécialisés. Ensuite parce que cela fait du bien à un orchestre : Philippe Jordan programmait toujours un Mozart après un Wagner car selon ses propres mots cela « nettoie l’orchestre ».
Enfin, c’est très formateur car contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est plus difficile de jouer à 40 qu’à 120. On est à nu : impossible de tricher ou de se cacher dans la masse, tout doit être précis et ciselé. Cela fait progresser un orchestre et lui permet de mieux jouer les grandes machines symphoniques.

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