Vendredi 17 novembre 2017
5 min

Franz Welser-Möst à l'Orchestre de Paris : les enjeux d'une première fois

Quand un chef est invité à diriger un orchestre pour la première fois les enjeux psychologiques sont parfois plus grands que les enjeux musicaux...

Franz Welser-Möst à l'Orchestre de Paris : les enjeux d'une première fois
Franz Welser-Möst en 2013, © Getty / Hiroyuki Ito

Mercredi 22 novembre et jeudi 23 novembre l'Orchestre de Paris sera dirigé pour la première fois par Franz Welser-Möst, directeur musical de l'Orchestre de Cleveland. Un directeur musical travaille sur la durée, sur la régularité. La semaine prochaine, il sera chef invité donc l'est un rapport complètement différent qui s'établit. Nous sommes dans le ponctuel, dans l’événement. Il n’y aura peut-être pas de lendemain donc il faut briller, le temps d’un concert.

L'orchestre de Paris accueille les plus grands chefs du monde, lui n’était encore jamais venu. C’est un enjeu pour l’orchestre de faire connaissance avec un chef qu‘il n’a jamais eu à sa tête, et un enjeu pour le chef. Franz Welser-Möst va se retrouver pour la première fois à la tête d’un orchestre qu’il ne connaît pas, c’est une pression psychologique. James Levine, lorsqu’il était déjà connu, a donné une interview où il explique qu’il ne dort pas la veille d’une première répétition avec un orchestre qu’il ne connaît pas.

Le rapport chef/orchestre est un mélange complexe de musique et de psychologique, parfois ça se passe bien et parfois très mal. Simon Rattle, adulé à Berlin, Vienne, Londres, Boston... a juré qu’on ne le verrait jamais au Concertgebouw d’Amsterdam. La prise de contact a été exécrable. Kirill Petrenko, futur chef de l'Orchestre philharmonique de Berlin, a un jour été invité à diriger l'Orchestre philharmonique de Vienne. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'il prononce cette phrase : « Je suis heureux de vous diriger, je me sens bien avec vous et je sens que vous êtes bien ». Les musiciens ont très mal pris cette intervention. Ils se sont demandés pour qui se prenait ce chef.

Cela tient à très peu de chose entre un orchestre et un chef, musicalement et humainement. Une tendance confirmée par cette phrase de Raphaël Pichon : « La direction d’orchestre c’est 20% agiter les bras et 80% de ressources humaines ».

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