Lundi 4 octobre 2021
2 min

Une réouverture symbolique au Metropolitan Opera de New York

C'est la première fois qu'une oeuvre d'un compositeur noir est donnée sur la scène du Metropolitan Opera de New York. Terence Blanchard a ouvert la saison de l'institution lyrique américaine, fermée depuis plus d'un an et demi, avec la création de son opéra "Fire Shut Up In My Bones".

Une réouverture symbolique au Metropolitan Opera de New York
Avec la création de son opéra " Fire Shut Up In My Bones", le compositeur Terence Blanchard a permis au Metropolitan Opera de New York de vivre un tournant dans son histoire, © AFP / TIMOTHY A. CLARY

La semaine dernière un événement important s'est déroulé à New York pour l'ouverture de saison du Metropolitan Opera de New York. Cet opéra, le plus prestigieux des Etats-Unis, a été fermé en raison de la pandémie pendant un an et demi. Avec à la clé de graves conséquences économiques : le Met a perdu dans la crise près de 150 millions de dollars.
Aux Etats-Unis, les institutions culturelles fonctionnent avec principalement deux sources de revenus : les ventes de billets et la philanthropie. L’impact social a donc été très lourd : pendant cette période, des artistes du Met ont du changer de métier, quitter New York. Car les dispositifs d’aide n’avaient rien à voir Outre Atlantique avec ceux mis en place ici en France. Vous l’aurez donc compris : cette réouverture était extrêmement attendue.

Un opéra écrit par un compositeur noir, tout un symbole

C’est une première dans l’histoire du Met, qui arrive déjà bien tardivement. Il aura fallu attendre 138 ans. Le compositeur Terence Blanchard a adapté dans son opéra Fire Shut Up in My Bones, les mémoires du journaliste afro-américain Charles Blow, qui est chroniqueur au New York Times ; une plongée poignante dans l’enfance et l’adolescence.
La musique de Blanchard mêle différentes influences, jazz, gospel, musiques de film : c’est lui qui compose les bandes originales des films de Spike Lee. Faire une création contemporaine en ouverture de saison était aussi un événement au Met, car cela n’était plus arrivé depuis 1966 avec à l’époque un opéra de Samuel Barber.

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Quel est l’objectif du Met avec cette création ?

Il faut déjà souligner que pendant la crise sanitaire, en mai 2020, il y a eu la mort de Georges Floyd, tué par un policier à Minneapolis. Un drame qui est encore venu rappeler s’il le fallait les discriminations dont souffre la communauté afro-américaine. Les institutions culturelles se sont aussi interrogées sur leur rôle. Pourquoi la diversité y est si peu présente ?
Dans l’orchestre du Met, seulement deux musiciens sur 84 sont noirs. A cela s’ajoute que l’opéra doit plus que jamais rajeunir son audience. C’est un besoin aussi crucial pour l’économie d’une structure comme le Met, car aujourd’hui, deux publics manquent : les personnes âgées, qui craignent encore d’éventuels risques de contamination, et les touristes internationaux, du fait des restrictions aux frontières. Il faut donc faire venir les jeunes à l’opéra, à travers des musiques, des thèmes qui leur sont davantage proches. En 2023, le Met va ainsi programmer un opéra sur la vie de Malcolm X. De quoi aussi inspirer les institutions européennes : le nouveau directeur de l’Opéra de Paris, Alexander Neef, a d’ailleurs dès son arrivée commander un rapport sur la diversité.

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