Lundi 29 novembre 2021
2 min

Orchestres : missions et fusions

Un rapport sur les orchestres permanents a été remis à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot ce lundi 8 novembre. Intitulé "Pour un nouveau pacte symphonique", ce dernier établit un état des lieux de la vie symphonique française, et propose une cinquantaine de préconisations.

Orchestres : missions et fusions
Orchestre National de France, © Christophe Abramowitz

Une mission concernant le rôle des orchestres vient d’être rendue au ministère de la Culture à ce sujet

Le titre de cette mission : « Pour un nouveau pacte symphonique ». Les deux auteurs de cette enquête connaissent bien le monde des orchestres : Anne Poursin, qui a été directrice de l’Orchestre national de Lyon, et Jérôme Thiébaux, qui fut en charge de la médiation à l’Orchestre Victor Hugo à Besançon. Ils se sont donc penchés sur le fonctionnement de différentes formations françaises mais aussi sur des phalanges étrangères, en Grande-Bretagne ou en Finlande, notamment.

Les conclusions

Différents points sont à améliorer selon eux dans l’activité des orchestres. Pour commencer, les formations ne couvrent pas de façon équilibrée le territoire : il y a beaucoup d’orchestres à Paris, mais aucune formation symphonique permanente en Centre Val de Loire ou en Corse. 

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En matière de programmation, ils notent un manque criant de création contemporaine, de plus en plus remplacé par des projets de musiques de film ou de musiques actuelles. 

Surtout, et c’est très intéressant, le rapport préconise d’améliorer les conditions de travail des musiciens. Les orchestres ont rarement un lieu à eux, qui leur permettrait de développer une vraie identité, mais aussi les actions pédagogiques. 

En matière de carrière, les musiciens d’orchestre ont par ailleurs très peu de possibilité de mobilité, d’évolution. Ils n’ont bien souvent pas leur mot à dire en ce qui concerne la programmation, les artistes invités. Une conception un peu archaïque des ressources humaines. 

Une mission qui vient se télescoper avec une autre actualité orchestrale

Il y a deux semaines, Hervé Morin, le président de la région Normandie a annoncé le projet de réunir l’Orchestre de l’Opéra de Rouen et l’Orchestre régional, basé à Caen, au sein d’une même phalange. Le but est de créer un orchestre national dans le quart nord-ouest de la France. 

Un symbole politique assurément mais qui ne manque pas d’interpeller. Car certains s’inquiètent d’une sorte d’Opa hostile de Rouen sur Caen, de l’ancienne Haute Normandie sur l’ex Basse Normandie. Pour preuve, l’administration de l’Orchestre régional n’avait même pas été convoqué à l’annonce d’Hervé Morin. 

Or aujourd’hui, il faut le rappeler, l’Orchestre régional, qui a un effectif réduit, mène une politique très importante d’actions en milieu rural. Avec une seule formation, comment sera-t-il possible de poursuivre une telle offre, dans une région où il faut quand même trois heures et demie pour aller de Dieppe à Cherbourg. Ce projet semble entrer justement en contradiction avec les conclusions de la mission dont nous parlions, qui préconise une meilleure répartition de l’offre symphonique sur le territoire. 

Nul doute en tout cas que ce sujet devrait s’inviter au forum des orchestres qui aura lieu les 9 et 10 décembre à Metz. D’autant que la présidente de l’Association française des orchestres n’est autre que la sénatrice de Seine-maritime Catherine Morin-Desailly, cheville ouvrière de ce projet de fusion des orchestres normands.

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