Lundi 26 août 2019
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La chronique d'Antoine Pecqueur du lundi 26 août 2019

Alors que la saison des festivals d’été est presque achevée, nous vous proposons ce matin un premier bilan des manifestations, en commençant par le festival d’Aix-en-Provence.

La chronique d'Antoine Pecqueur du lundi 26 août 2019
Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence, © Getty / Sylvain GRANDADAM/Gamma-Rapho

Nous constatons cette année une baisse du taux de fréquentation des plus grandes manifestations : le festival d’Avignon enregistre une baisse de 8,8% par rapport à l’année dernière, les Eurockéennes de Belfort un recul de 5,2%...

Le festival d’Aix-en-Provence affiche l’une des baisses les plus spectaculaires.

C'est une douche froide pour le nouveau directeur du Festival : Pierre Audi. Tous les indicateurs sont à la baisse, du nombre de places délivrées jusqu’au taux de remplissage des représentations d’opéras. 

Pour se démarquer de ses prédécesseurs, Pierre Audi n’a pas voulu programmer d’opéra de Mozart, mais seulement une version scénique du Requiem. Une manière de sortir de l’ADN du festival, qui n’aura visiblement pas été du goût de tout le monde. Un grand nombre de productions se sont aussi illustrés par leur noirceur, leur sens tragique... Quant aux prix des billets, ils ont nettement augmenté par rapport à l’année dernière, atteignant des montants stratosphériques dans les premières catégories, jusqu’à 290 euros par exemple pour une place d’opéra !

En terme de budget, le festival d’Aix est pourtant l’un des mieux dotés.

Avant le début du festival, Pierre Audi n’a eu de cesse de demander encore plus d’argent, à la puissance publique comme aux mécènes privés. Avec son budget de 24 millions d’euros, le festival est déjà l’un des plus subventionnés.

C'est la politique même de l’Etat envers les festivals qui doit être repensée.

Une mission avait été confiée à ce sujet par Françoise Nyssen à Serge Kancel. Toutefois depuis l’arrivée de Franck Riester au Ministère de la Culture, c’est silence radio !
Il n’existe pas de politique de l’Etat en matière de festivals, hormis l'aide donnée envers quatre-cinq manifestations prestigieuses. L’immense majorité des festivals ne reçoit aucun argent de l’Etat et se déroule dans des conditions économiques précaires, grâce aux bénévoles et aux artistes qui acceptent des cachets très faibles. 

La chute du taux de fréquentation du Festival d’Aix doit amener sans tarder l’Etat à construire une vraie stratégie pour les festivals, dans une politique de proximité avec les territoires, sans se limiter aux paillettes de quelques manifestations phares (nécessaires bien sûr !) mais qui ne résument pas la vie artistique du pays.

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