Lundi 11 octobre 2021
2 min

La France restitue au Bénin 26 œuvres d'art pillées pendant la colonisation

Vendredi 8 octobre à Montpellier, Emmanuel Macron a annoncé lors du sommet Afrique-France la restitution au Bénin de 26 œuvres d’art conservées au Musée du Quai Branly à Paris. Un point crucial de la nouvelle relation que le président français souhaite entretenir avec le continent africain.

La France restitue au Bénin 26 œuvres d'art pillées pendant la colonisation
Les statues royales d'Abomey, aujourd'hui conservées au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, vont être rendues par la France au Bénin, © Maxppp / CHRISTOPHE PETIT TESSON

Si vous regardez une carte mondiale des œuvres d’art africaines, vous verrez qu’elles se trouvent aujourd’hui très majoritairement en Occident et non pas en Afrique...
Imaginez que les tableaux de Delacroix ou de Monet soient visibles partout sauf en France. Les raisons sont malheureusement simples : les œuvres d’art africaines ont été pillés en grande partie pendant la colonisation. Elles se sont dès lors retrouvées dans les musées occidentaux, pour le grand plaisir des amoureux d’art premiers.
Aujourd’hui, les collections de statues, de masques, mais aussi d’instruments de musiques traditionnelles, se trouvent au Musée du Quai Branly à Paris ou au Musée de Tervuren à Bruxelles. Mais désormais les pays africains veulent renverser la tendance. Emmanuel Macron l’a bien compris : la restitution des œuvres d’art pillées à l’Afrique est un point crucial de la nouvelle relation, qu’il entend mettre en place entre la France et le continent. D’autant plus au moment où la position géopolitique de la France en Afrique est parfois mise à mal, comme au Mali. Emmanuel Macron avait déjà annoncé ce projet de restitution dans son discours à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 2017, puis avait ensuite commandé un rapport aux universitaires Benedicte Savoy et Felwine Sarr. Et donc désormais, les premières restitutions se mettent lentement en place…

Un sujet qui fait polémique

C'est un sujet qui fait débat même au sein des artistes africains. Certains mettaient en garde contre le déficit d’infrastructures sur le continent, les mauvaises conditions d’exposition et de conservation des objets d’art. Mais ces critiques se font de moins en moins entendre car justement des nouveaux musées se construisent, on pense notamment au Musée Zeitz du Cap ou au nouveau musée des civilisations de Dakar. Pour autant, ce qu’on peut toutefois regretter, c’est que ces nouvelles infrastructures sont en général réalisées soit avec l’argent d’un mécène privé, comme au Cap, soit avec l’argent d’une puissance étrangère, et la plupart du temps de la Chine, comme à Dakar. La Chine construit aussi actuellement un immense complexe culturel à Kinshasa. Le deal est très simple : Pékin finance les infrastructures en échange d’un accès privilégié aux ressources du pays. Aux états africains de prendre désormais directement en main l’enjeu culturel, au risque sinon de faire face à d’autres cas d’ingérence.

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Autre actualité culturelle en Afrique : la remise du Prix Nobel de littérature à Abdulrazak Gurnah

Cette annonce fut une grande surprise : le romancier tanzanien n’était pas dans la liste des favoris. Il est né sur l’île de Zanzibar et a ensuite travaillé comme professeur de littérature au Royaume-Uni. Dans ses romans, il se penche sur les effets du colonialisme et le sort des réfugiés. C’est la première fois que le Nobel récompense un auteur d’Afrique de l’Est.
Il faudra toutefois un peu attendre pour le lire en français : toutes les éditions françaises de ses livres sont épuisées. Mais le symbole lui est bien là : on doit aujourd’hui, plus que jamais, compter avec la vitalité culturelle africaine. Et cela concerne aussi la musique classique : regardez la carrière d’une chanteuse comme Pretty Yende ou celle d’un chef d’orchestre comme Kevin John Edusei, à la tête de l’Orchestre symphonique de Munich.

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