Samedi 22 mai 2021
5 min

Warda al Djazaïria, la diva qui enchantait Paris, Beyrouth, le Caire et Alger

La chanteuse algérienne Warda al Djazaïria est née à Paris d'un père algérien et d'une mère libanaise. Ce mélange culturel va toute sa vie la suivre et faire d'elle une chanteuse aux influences multiples, une immense diva, réputée et adorée par un public fidèle.

Warda al Djazaïria, la diva qui enchantait Paris, Beyrouth, le Caire et Alger
La chanteuse algérienne Warda al-Djazaïria lors du 25ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie en juillet 1987 à Alger, © Getty / Mohamed LOUNES

A l'occasion de l'exposition Divas arabes, d’Oum Kalthoum à Dalida à l'Institut du monde arabe à Paris, voici le portrait d'une immense chanteuse algérienne, Warda al Djazaïria. Née à Paris et morte au Caire, de mère libanaise et de père algérien, elle débute le chant dans les années 50 dans la capitale française et rencontre un certain succès notamment dans le cabaret de son père. 

L'établissement sera fermé quand la police découvre des armes destinées au FLN, le Front de Libération Nationale. Nous sommes alors en pleine guerre d’Algérie, toute la famille est expulsée et se réfugie au Liban. Là-bas elle y apprend le chant classique arabe et retrouve la route des cabarets, cette fois à Beyrouth. Elle s'installe ensuite au Caire et Warda al-Djazaïria va attendre l'indépendance de l’Algérie pour enfin se rendre dans le pays de son père. 

Un silence de 10 ans 

Déjà célèbre, elle va pourtant quitter la scène pendant plus de 10 ans. Un silence imposé par son époux qui refuse que Warda chante. Ce n’est qu’à l’appel du gouvernement algérien, pour célébrer les 10 ans de l’indépendance du pays, que la chanteuse accepte de monter sur scène et retrouve son public qui l’attendait de pied ferme. Lors de cet événement, en 1972, des musiciens égyptiens et algériens forment un orchestre, on fait venir le compositeur Baligh Hamdi pour la musique et on demande au poète algérien Salah el Karfi d’écrire les paroles. 

Pour la chanteuse, la musique est plus forte que l’amour, elle poursuit donc sur des concerts à guichets fermés au Caire ce qui met un terme à son mariage. Ce retour à la vie musicale l'amène à retourner vivre au Caire, capitale de la chanson arabe. Sa carrière explose, dépasse toutes les frontières. On retrouve Warda au cinéma, dans des séries télévisées… Sa discographie est riche de plus de 300 chansons, et ses albums sont vendus à des dizaines de millions d’exemplaires. Sa voix électrise les foules, elle est adorée. Et c’est au Caire, lors des cérémonies pour le cinquantenaire de l’indépendance de l'Algérie qu’elle s’éteint, le 17 mai 2012. 

L'équipe de l'émission :