Samedi 2 janvier 2021
5 min

Voix de femmes et dalouka au Soudan

Le Soudan devient indépendant le 1er janvier 1956, depuis, cette date est devenue la fête nationale dans le pays. Pour ce début d'année, célébrons ce pays d'Afrique avec un disque de chants 100% féminins.

Voix de femmes et dalouka au Soudan
Des chanteuses au Soudan au début du 20e siècle, © Getty / ullstein bild

Le 1er janvier 1956, le Soudan, pays situé entre le Tchad et la Mer Rouge, devenait indépendant. Cette date est devenue la fête nationale pour tous les soudanais et soudanaises. Un disque intitulé Women wingers of Sudan leur rend hommage : un album de voix féminines.

A l’origine du projet une musicienne : Salma Al Assal. Après une grande expérience dans différents groupes musicaux de son pays, elle se lance pour mettre en valeur un répertoire : les chants traditionnels dalouka, du nom d’un tambourin typique du Soudan. 

Dalouka est aussi un terme utilisé dans la pratique de l’excision, cela veut dire suturé. Le Soudan a fait partie des bonnes nouvelles de l’année 2020 puisque le pays a voté une loi pour condamner cette tradition de mutiler les organes génitaux féminins. 

Mais ce n’est pas le sujet des chants de cet album. On y parle plutôt des rencontres amoureuses et des mariages comme dans un chant appelé Seira. Ici la musique accompagne la marche du nouveau marié de son domicile à celui de sa future épouse. En chemin, il est accompagné par des hommes et des femmes, au son du dalouka et de leurs voix. 

Une fois arrivé devant le logement de sa future femme, il est accueilli par la mère de celle-ci et il emmène la mariée avec lui. Aujourd’hui, le cortège est parfois remplacé par des voitures de luxe, ou, pour coller avec une tradition très ancienne, le mari chevauche un étalon pur-sang. 

La musique et les femmes au Soudan a pris un tournant récemment. 

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En avril 2019 à Khartoum, une femme se tient debout sur une voiture, elle est drapée dans une tenue blanche et mène un chant de révolte. La vidéo fait le tour du monde. A ce moment-là le Soudan est secoué par des mouvements sociaux et le peuple demande la démission du président. Lors de ces manifestations, les femmes sont en première ligne.

Elles sont les victimes d’un gouvernement qui n’a pas signé la convention de lutte contre les discriminations faites aux femmes de l’Assemblée générale des Nations Unies qui date quand même de 79, et donc n’ont quasiment aucun droit dans le pays. Conscientes et combatives, elles ont mené la révolte soudanaise, avec les hommes, et ont réussi à faire chuter le président Omar el-Béchir, grâce à leurs voix et leurs mobilisations.

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La tradition musicale soudanaise inclut les femmes depuis longtemps notamment à travers le hakamat, une poésie orale menée par des chanteuses pour se moquer ou soutenir les hommes de leur communauté. Un chant politique, patriotique, qui peut aussi être utilisé pour amener la paix. 

Le genre du Hakamat a évolué juste après la décolonisation donnant une nouvelle place aux femmes dans la musique soudanaise avec un nouveau genre appelé Al Sabata. Elles chantent, dansent, organisent des rituels, le tout au son du dalouka.

Le disque imaginé par Salma Al Assal dont on écoute un dernier extrait rend hommage à la place et l’importance des femmes dans la musique traditionnelle soudanaise. Et cela permet aussi de mettre en lumière un instrument typique de ce pays, le dalouka. 

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