Samedi 7 novembre 2020
5 min

Musiques amérindiennes : le chant des Sioux et des Navajos

Après une longue semaine autour des élections américaines, profitons de ce projecteur sur les Etats-Unis pour écouter la musique des premiers habitants de ce vaste territoire : les Amérindiens, et en particulier la musique rituelle des Sioux et des Navajos.

Musiques amérindiennes : le chant des Sioux et des Navajos
Illustration d'une famille Sioux datant de 1874, © Getty / Grafissimo

Après une semaine autour de l’élection américaine, une chronique consacrée à la musique des autochtones de ce pays : les amérindiens. Il existe aux Etats-Unis 574 communautés amérindiennes, autochtones, Native Americans, les appellation sont multiples pour désigner ce peuple à l’origine du territoire américain, les premiers habitants. Parmi toutes ces communautés, plus d’une dizaine comprend au moins 50 000 personnes, parmi lesquelles deux mentionnées dans cette chronique : les Sioux et les Navajos. 

Les Sioux préfèrent s’appeler avec leurs noms d’origine à savoir Iakota, Dakota et Nakota. Chez les Sioux comme chez les Navajos, la musique est rituelle, elle est liée aux croyances, croyances traditionnelles mais aussi celles héritées du christianisme dès le XVIIe siècle avec l’arrivée sur le sol américain de prêtre européens. 

De cette rencontre forcée, les amérindiens ont créé un culte, celui de l’église américaine indigène, sorte de mélange entre la foi chrétienne et la spiritualité des Sioux. Lors de ce culte, les Sioux se réunissent toute la nuit, il ingèrent du peyotl (issu d’un cactus) qui représente l’être suprême. Grâce à la voix du chanteur accompagné par un rythme régulier, ils entrent en transe. Ce chant fait partie d’une série de quatre chants, chacun répété répété quatre fois, quatre étant le chiffre sacré chez les Sioux. 

Instruments traditionnels et cérémonies de guérison

A l’inverse du tambour fabriqué pour l’occasion à chaque culte du peyotl, la flûte est un instrument bien plus rare chez les Sioux. Elle prend du temps à être fabriquée, elle prend aussi du temps à être jouée et maîtrisée. Le son de la flûte est une coutume devenue rare, elle est peu utilisée lors des cérémonies mais les Sioux s’en emparent pour les chansons d’amour. 

Dans la communauté des Navajos, la grande majorité des cérémonies rituelles sont des cérémonies de guérison. Et la guérison se fait rarement sans le mouvement du corps, la danse. Ici une danse en plusieurs cercles qui se croisent. Dans leur tradition, les cérémonies et les chants sont plutôt confiés aux hommes mais il n’est pas interdit que les femmes, chanteuses du quotidien, s’en emparent. 

Chant et danse

Les femmes sont cependant invitées à la danse comme pour la danse de la squaw. A l’origine c’est une danse extraite d’une cérémonie de guerre qui visait à purifier les Navajos après avoir combattus les ennemis. C’est devenu un chant pour guérir les malades infectés auprès des non-Navajos. Un fléau que les communautés amérindiennes ont subies après l’arrivée des colons européens : toutes sortes d’épidémies et de nouvelles maladies qui ont décimé leurs population, en plus des massacres. 

Mais la danse de la squaw c’est aussi un événement, presque une attraction, sorte de bal des débutantes où les jeunes filles Navajos se font inviter en échange d’argent par des jeunes hommes pour danser, et plus si affinités. 

La nature au cœur des traditions

Dans la culture amérindienne, qu’elle soit navajo, sioux ou autre, la nature fait partie intégrante des croyances et des modes de vie. Elle est sacrée, elle porte une histoire, et comme pour beaucoup de communautés autochtones dans le monde, elle est en danger cette nature. 

Danses des indiens d'Amérique : Sioux et Navahos
Danses des indiens d'Amérique : Sioux et Navahos, © Label : ARC MUSIC

Pour des peuples dont toutes les croyances reposent sur cet équilibre, cette harmonie entre l’humain et l’environnement, le désastre écologique montre à quel point le monde occidental aurait dû préserver ces cultures et ces modes de vie plus que de les détruire. Il reste au moins la musique, et de très beaux enregistrements comme le disque Danses des indiens d'Amérique : Sioux et Navahos dont sont issus la plupart des extraits de cette chronique.

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