Samedi 19 septembre 2020
5 min

Matrimoine : les grandes voix du chant traditionnel en France

Dans chaque région de France, les chansons traditionnelles ont été conservées voire ressuscitées par des chanteurs et chanteuses à travers un travers colossal de collectage. A l'occasion des journées du matrimoine, rendons hommages aux voix féminines de ce répertoire.

Matrimoine : les grandes voix du chant traditionnel en France
1929 à Houlgate, un barde chante devant les caméras. , © Getty / Gamma-Keystone

Les journées du matrimoine viennent d'une initiative lancée en 2014 par l’association HF Ile de France et depuis reprise par d’autres collectifs partout en France. Ces journées mettent en valeur artistes, intellectuelles, créatrices, toutes les femmes qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à notre patrimoine qui se conjugue pour l’occasion au féminin. 

Pour célébrer le matrimoine, allons trouver des chanteuses françaises dont les noms ne sont pas connus ou très peu : elles s’appellent Andrée Duffault, Louise Ebrel, Rosina de Peira ou encore Louise Reichert... Toutes ont un point en commun : ce sont des femmes qui ont à cœur d’aller chercher et valoriser la musique traditionnelle régionale. 

La première chanteuse s’appelle Rosina de Peira, un nom de scène pour Rosine Saurine, ariégeoise morte en juin de l’année dernière et qui a porté le répertoire musical traditionnel de sa belle région occitane. 

Rosina de Peira a été enregistrée grâce à la maison de disque, Revolum, qu’elle a fondé avec son compagnon. Elle a beaucoup chanté avec sa fille, Martina, des chansons occitanes interprétés dans les différents dialectes de cette région.

Parfois, la chanson traditionnelle est assez inné, comme chez Louise Reichert, née Louise Chateau. Cette Auvergnate née dans le Cantal était dotée d’une mémoire extraordinaire : il suffisait qu’elle entende un chant, de la bouche de son père, ou lors de ses voyages en tant que vendeuse de tissus, et elle le retenait. 

Une autre voix, presque réservée, appartient à Andrée Duffault appelée ‘la Dédée’ qui a fêté en avril cette année ses 100 ans. Cette Berrichonne témoigne et dit dans un long portrait publié dans le Berry Républicain : “La chanson m’est venue comme une respiration, je n’avais qu’à entendre un air et il était dans ma tête”

La Dédée n’a jamais appris la musique, n’a jamais cherché à en faire quelque chose jusqu’à ce que sa voix atteigne les oreilles d’un certain Roger Pearron qui lui a tendu un micro et a pu capter tout ce trésor qu’elle n’osait pas porter jusqu’à la scène sauf arrivée à ses 80 ans où là, elle a commencé à se produire en public. 

“En Bretagne, ils ont les sœurs Goadec, et nous, en Berry, on a la Dédée Duffault.” 

Impossible de faire l’impasse sur la Bretagne mais au lieu de mettre les célèbres Soeurs Goadec, voici un enregistrement qui réunit une des soeurs Goadec : Eugénie et sa fille, Louise Ebrel, chanteuse un peu moins connue.

La bretonne est née à Treffrin dans les actuelles Côtes d’Armor, elle est bercée par les chants de sa mère mais aussi ceux de son père, un héritage transmis de générations en générations qu’elle a du mal à porter au vu de la célébrité de sa maman et de son trio avec ses deux soeurs. Louise Ebrel acceptera de monter sur scène en interprétant les chansons bretonnes seulement à partir des années 70 et le fera jusqu’à la fin de sa vie : Louise Ebrel est morte cette année, en mars, à l’âge de 87 ans. 

Discographie

Rosina de Peira
Rosina de Peira, © Radio France
Anthologie des musiques traditionnelles
Anthologie des musiques traditionnelles, © Radio France
Louise Reichert
Louise Reichert, © Radio France
Eugénie Goadec et Louise Ebrel
Eugénie Goadec et Louise Ebrel, © Radio France
L'équipe de l'émission :