Mardi 7 septembre 2021
2 min

Les nonnes rebelles avec la sonate n°12 d'Isabella Leonarda

Le 6 septembre 1620 nait en Italie une future religieuse, mais surtout future grande compositrice baroque : Isabella Leonarda. La nonne passe sa vie dans son couvent et livre plus de 200 partitions qui mélangent œuvres sacrées et profanes.

Les nonnes rebelles avec la sonate n°12 d'Isabella Leonarda
Portrait de la religieuse et compositrice italienne Isabella Leonarda

Il y a 400 ans en Italie, la musique résonne partout dans le pays. Qu'elle soit sacrée ou profane, instrumentale ou vocale, composée par des hommes ou par des femmes, la musique baroque italienne offre quelques chefs d'œuvre et pièces moins connues mais qui méritent toute notre attention. C'est le cas de la sonate pour violon et basse continue n°12 d'Isabella Leonarda. 

Une œuvre à découvrir pour trois raisons. La première concerne directement sa compositrice. Isabella Leonarda naît à Novare, dans une riche et éminente famille italienne en 1620. A 16 ans, elle entre au couvent et va y passer sa vie en obtenant différents titres qui lui accorderont du pouvoir, notamment celui de faire de la musique. Sauf que nous sommes dans un cadre religieux donc on peut s'attendre à n'avoir d'elle que des partitions sacrées. 

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Sonate d'église, sonate profane

Dans la musique baroque italienne il existe deux formes de sonates, la sonate d’église (sonata da chiesa) et la sonate profane (sonata da camera). On pourrait donc imaginer qu’Isabella Leonarda s’inspire de la première pour ses douze sonates. Mais, et c’est là qu’on retrouve son esprit rebelle, elle ne respecte pas les règles de composition de la sonate d’église, une forme souvent en 4 mouvements, aux allures solennelles, sur un schéma lent, vite, lent, vite. 

Chez la compositrice italienne, les sonates comportent beaucoup plus de mouvements, jusqu’à treize. Sa sonate n°12 n’en possède que cinq mais elle s’inspire des formes profanes. Par exemple on l’entend avec la place laissée à l’instrument soliste qui peut prendre quelques libertés dans l’improvisation ou l’ornementation. 

Le catalogue impressionnant d'une pionnière

Nous avons donc une nonne enfermée dans son couvent qui s’adonne à la composition, enseigne aux autres religieuses la musique, et s’occupe aussi de la chorale. Nous ne sommes pas dans le film Sister Act mais bien en Italie au XVIIe siècle. Une période et un lieu où les compositrices occupent une place importante dans la création musicale. Souvent issues de milieux aisés, elles apprennent la musique et peuvent en faire leur métier au même titre que les hommes. Isabella Leonarda, par son statut de religieuse, reste une exception par rapport aux autres. Une exception aussi par la richesse et l’abondance de son catalogue : plus de 200 partitions écrites de sa main nous sont parvenues : des motets, messes et psaumes, mais aussi quelques œuvres profanes comme certaines de ses sonates. 

La deuxième bonne raison d'écouter cette œuvre ? Tout simplement parce son recueil de 12 sonates publié en 1693 comprend très certainement les plus anciennes sonates écrites par une femme. Isabella Leonarda peut être considérée comme une pionnière du genre. Enfin, la troisième raison, c’est simplement parce que c’est très bien écrit, les harmonies y sont riches, et c’est une œuvre magnifique.

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