Samedi 31 octobre 2020
5 min

A l'écoute du chant des enfants du monde

Le Canadien Francis Corpataux a passé plus de vingt-cinq ans à parcourir le monde pour enregistrer les chants d'enfants. Ce projet a donné lieu à de nombreux disques réunis sous la collection 'Le chant des enfants du monde'.

A l'écoute du chant des enfants du monde
Un groupe d'enfants au Brésil qui font la ronde, © Getty / Ricardo Funari

Voilà de quoi aborder le deuxième confinement avec un peu de douceur grâce à la collection Le chant des enfants du monde, menée par le Canadien Francis Corpataux. Pendant près de 30 ans, il a parcouru le monde, micro à la main, pour capter les chants des enfants. Son travail a débuté en 1989 et depuis, une vingtaine de disques ont été publiés, reflétant les ambiances musicales des cinq continents.

Par exemple, il a effectué de nombreux enregistrements en Asie, comme en Inde dans la région du Karnataka. Dans ce pays, l’apprentissage de la musique, qu’elle soit populaire ou classique, passe par l’imprégnation. On écoute, on répète, on apprend. La relation maître/élève est donc primordial.

Des Berbères à la Bulgarie

Parfois, Francis Corpataux se retrouve confronté à des problèmes pour faire son travail comme dans une des communautés berbères du Maroc où il est jugé irrespectueux qu'un enfant chante en présence de certaines personnes, comme un parent. Il faut alors gagner une certaine confiance et s'arranger pour que l'enregistrement puisse quand même avoir lieu, loin des oreilles du père ou de la mère. 

Au fil des disques, on plonge d’une ambiance à l’autre, on découvre, on écoute mais autour de ce projet, il y a aussi de la part de Francis Corpataux une certaine volonté de mettre en lumière des problématiques sociétales. En parcourant le monde à la rencontre des enfants, il sauvegarde une richesse musicale mais il montre aussi à quel point certaines régions ont perdu ce patrimoine lié à l’enfance, comme en Europe par exemple, où le boum des nouvelles technologies dans les années 80 puis 90 ont fait disparaître le besoin de chanter, de se rassembler de faire vivre les musiques populaires. 

Quid de la France ?

Heureusement, il reste quelques exceptions notamment en Europe de l’est où les élèves portent encore le répertoire folklorique, notamment en Bulgarie ou en Géorgie. A l'inverse en France, le disque réalisé dans le cadre de cette collection fait très peu entendre des voix d'enfants, ce sont les adultes passionnés par les musiques de tradition orale qui ont accepté de participer. Preuve que ces musiques populaires ne sont quasiment plus données car les occasions sont plus rares, et qu'elles perdurent grâce à un travail porté la plupart du temps par des associations locales. 

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