Samedi 14 mars 2020
5 min

Petit tour du monde des chants de guérison

Face à la pandémie du coronavirus, un tour d'horizon des chants de guérison s'impose. De l'île de Madagascar à Taïwan en passant par le Pakistan ou le Mexique, découvrez les mélodies et voix qui guérissent.

Petit tour du monde des chants de guérison
En Mongolie, une chamane en pleine cérémonie de guérison pour un enfant malade. , © Getty / ullstein bild

Le tour du monde des chants de guérison débute à Ambovombe, sur l’île de Madagascar avec une première mélodie interprétée par des femmes. Au bout de quelques secondes, on entend leur respiration s’accélérer : elles utilisent le souffle pour entrer en hyperventilation, ce qui favorise l’état de transe… 

Toujours à Madagascar, l'ethnomusicologue Alan Lomax a enregistré en 1939 un chant de guérison qui fait entendre des coups de feu au milieu d'une voix soliste, d'un choeur de femmes et de quelques voix d'hommes. Les coups de feu retentissent pour éloigner les mauvais esprits. 

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Bienvenue au Baloutchistan

Des mauvais esprit que l’on retrouve sur tous les continents, et ce sont souvent eux que l’on chasse quand on interprète un chant de guérison. C’est le cas notamment au Pakistan, dans la culture des Baloutches. 

Un disque entier est consacré aux musiques d’extase et de guérison (label Occora). Au Baloutchistan, il existe un rite de guérison appelé guâti, c’est un peu l’ultime étape quand quelqu’un tombe malade. On appelle d’abord des médecins, puis un mollah qui tente par des prières et talismans de guérir la personne malade. On sacrifie un mouton pour envelopper la personne souffrante dans la peau encore tiède, et si tout ça ne fonctionne pas, alors on va chercher des spécialistes des guât, sorte de djinns spécifiques aux baloutches, des esprits que l’on invoque par le chant, la viole ou la flûte à bec. 

Le rituel dure souvent toute la nuit… Le maître ou la maîtresse de cérémonie fait jouer un répertoire spécifique, et dès que le malade réagit, souvent à base de tremblements, l’air joué à ce moment-là est répété jusqu’à ce que le malade entre en transe et s’écroule, signe que le guât a fini de le hanter.

Huichol et Bunun 

Poursuivons avec les Huichol, un peuple indigène du Mexique. Cette communauté vit dans une région tellement inaccessible et rude qu’elle n’a quasiment pas été colonisée, ce qui leur a permis de conserver leurs traditions et leur culture… On dit là-bas que chaque Huichol est un musicien, ou une musicienne. La musique rythme tous les événements du quotidien, y compris le rite de guérison où la musique a un caractère magique et permet de soutenir le curandero, le guérisseur pendant qu’il tente d’extraire le corps maléfique du malade… 

Enfin, on finit avec un chant de guérison de Taïwan, chez les Bunun, communauté qui utilise la polyphonique dans leur musique, c’est un peu leur spécialité. On y entend un doux mélange de voix de femmes, et on comprend bien comment ça peut aider à guérir, si ce n’est le corps, au moins l’esprit. 

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