Samedi 10 avril 2021
5 min

La berceuse volée des îles Salomon ?

Une berceuse enregistrée sur les îles Salomon dans les années 70 a fait le tour du monde après son utilisation par un groupe de musique français puis par une célèbre marque de gel douche. Problème : son interprète, Afunakwa, n'a jamais été mise au courant.

La berceuse volée des îles Salomon ?
Image issue de la pochette du disque "Salomon Islands" sorti sous le label de l'Unesco en 1973, © Label Unesco / Hugo Zemp

Au cœur du Pacifique, dans les îles Salomon, une tradition musicale a suscité l'attention du monde entier : les berceuses. 

Malheureusement, ce coup de projecteur n'a pas été maîtrisé. En 1992, le groupe français Deep Forest sort une chanson intitulée Sweet Lullaby. Dans ce titre, on peut entendre une berceuse enregistrée sur les îles Salomon dans les années 70 : 

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Une chanson reprise par la suite par une marque de gel douche dans ses publicités... Problème : l'interprète de cette berceuse, une femme nommée Afunakwa, n’a jamais été mise au courant ni ne touché un centime après l'utilisation de sa berceuse à des fins artistiques puis commerciales

Pour comprendre ce dysfonctionnement, il faut remonter dans les années 70. Un ethnomusicologue français, Hugo Zemp se rend sur les îles Salomon pour rencontrer et enregistrer les musiques traditionnelles de différentes populations. Une mission encadrée par l'Unesco et qui vise à conserver ces chants et musiques de tradition orale. 

Un vide juridique 

Sauf que justement, comme ce sont des traditions orales, les droits d’auteur ne s’appliquent pas et donc on peut utiliser ces samples sans complications ou démarches juridiques. 

L'histoire ne s'arrête pas là. Une fois que cette mélodie a été popularisée au début des années 90, d’autres artistes, comme le saxophoniste Jan Garbarek, ont utilisé la berceuse et lui, comme il n’avait aucune information sur l'origine de cette berceuse, et bien il l’a identifié comme une chanson pygmée : 

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Hugo Zemp lors de ses missions a pu enregistrer d'autres berceuses sur les îles Salomon et noter que dans la tradition musicale des différentes régions, elles ne sont pas chantées par la mère. Ce sont souvent les sœurs aînées ou des femmes âgées qui s’occupent des enfants qui chantent. Les paroles vont donc surtout être là pour rassurer l’enfant que la mère reviendra pour le consoler et qu’en attendant il faut être sage. 

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