Samedi 6 mars 2021
5 min

Miriam Makeba, qui était la femme derrière le tube planétaire Pata Pata ?

De son vrai nom Zenzile Makeba, cette chanteuse sud-africaine est souvent résumée à son tube planétaire Pata Pata. La jeune femme, exilée pendant 31 ans, a pourtant passé sa vie à promouvoir la lutte panafricaine, à dénoncer l'apartheid et à chanter dans différentes langues pour les promouvoir.

Miriam Makeba, qui était la femme derrière le tube planétaire Pata Pata ?
Miriam Makeba photographiée en avril 2001., © Getty / Michel BARET
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Paramétrer les cookies

Née le 4 mars 1932 à Johannesburg, Miriam Mabeka est une personnalité que l’on résume trop souvent à un tube planétaire : Pata Pata. Elle compose et écrit cette chanson à la fin des années 50 et en 1967, Pata Pata fait le tour du monde. Les paroles sont en xhosa, une langue parlée en Afrique du Sud que Miriam Makeba connaît bien puisque son père venait de cette communauté. D’ailleurs son vrai nom n’est pas Miriam Makeba mais Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Paramétrer les cookies

On l’appelait aussi dans la vraie vie Zenzi, diminutif de Zenzile, prénom donné par rapport aux circonstances de sa naissance. Sa mère a eu un accouchement très délicat, et la grand-mère n’arrêtait pas de répéter “uzenzile” qui veut dire “tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même”, ce qui a donné naissance à Zenzi, une petite fille qui va passer les premières semaines de sa vie en prison parce que sa mère fabriquait de l’alcool ce qui était interdit aux noirs. Jeune fille, elle sera privée d’éducation, forcée à travailler, puis elle sera battue par son mari et seule la musique et sa voix incroyable vont la sortir de cette vie-là. 

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Sa mère avait prédit un grand départ pour sa fille. Cette dernière a déjà une belle carrière de chanteuse dans son pays, voire au-delà des frontières puisque son premier disque, enregistré en 1955, fait un carton aux Etats-Unis. Zenzile participe à la fin des années 50 à un film anti-appartheid, Come back Africa, où elle joue son propre rôle ce qui l’amène à voyager.

Un exil de 31 ans 

Elle quitte l’Afrique du Sud en 1959 et ne reviendra que 31 ans plus tard. Après avoir joué dans ce film, Zenzile Makeba n’a plus le droit de revenir dans son pays natal. Pour elle, c’est le début des combats, mais depuis les Etats-Unis grâce au soutien du chanteur Harry Belafonte qui met en avant sa voix, ses chansons et des musiques traditionnelles. Tous les deux enregistrent un album hommage aux cultures zoulou, swahili et sotho. Disque récompensé par un Grammy Arward en 1965. 

La jeune exilée devient une star. En 1962, le président John Kennedy l’invite à son fameux gala d’anniversaire. Fameux puisqu’une certaine Marilyn Monroe chante ‘happy birthday mister president’... Parmi les festivités, Zenzile Makeba vient elle aussi donner de la voix avec Nomeva, chanson merveilleuse. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Paramétrer les cookies

La jeune femme profite de son aura médiatique pour faire passer des messages politiques, notamment en 1963, devant l’ONU, pour dénoncer l’apartheid en Afrique du Sud.

Figure de la lutte panafricaine

Elle s’engage aussi pour l’unité des pays africains. Zenzile Makeba est une des plus grandes figures de la lutte panafricaine. On l’entend par exemple chanter une lamentation congolaise ou une berceuse indonésienne. Pour elle, la musique était une manière de tisser des liens entre les cultures. Elle chante en arabe, en hébreu, en zoulou, en français… Elle est reçue dans plusieurs pays africains comme la Guinée ou l’Algérie, en tout, elle reçoit une dizaine de passeports diplomatiques pour l’accueillir. D’autant que les Etats-Unis à la fin des années 60 ne veulent plus d’elle puisqu’elle a épousé un militant des Black Panther. 

Miriam Makeba en concert en 1989.
Miriam Makeba en concert en 1989., © Getty / Frans Schellekens

Elle retourne dans son pays natal en 1990 à l’appel de Nelson Mandela. Il écrira à la mort de la chanteuse, surnommée la mère de l'Afrique, en 2008 : “Ses mélodies inoubliables ont donné une voix à la douleur de l’exil et de la mise à l’écart. Pendant tout ce temps, sa musique a inspiré un puissant sentiment d’espoir en nous tous”

L'équipe de l'émission :