Mardi 28 septembre 2021
2 min

Les vagues électroniques de Suzanne Ciani

En 1982, Suzanne Ciani sort un album inclassable : Seven waves, où se mêlent son amour pour le bruit des vagues et sa passion pour le Buchla 200, un synthétiseur moduleur qu'elle maîtrise comme peu d'artistes alors.

Les vagues électroniques de Suzanne Ciani
Suzanne Ciani lors d'une performance à Austin en 2017. , © Getty / Lorne Thompson

Les femmes ont toujours occupé une place importante dans les musiques électroniques. Ce fut le cas de Suzanne Ciani, compositrice américaine, toujours active aujourd’hui et longtemps surnommée la “diva des diodes”. 

Une diode est un petit composant qui fait passer le courant électrique dans un sens unique. Suzanne Ciani connaît bien cet outil et tout ce qui touche à l’électronique. Après des études de musique classique, elle rejoint l’université de Berkeley en Californie où elle rencontre Dan Buchla, inventeur d’un des premiers synthétiseurs qui porte son nom : Buchla. 

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Si vous êtes déjà allé dans une cabine de pilotage d’un avion, vous prenez une partie du tableau de bord et vous avez un Buchla. C’est une multitude de boutons, de branchements et de câbles, sans clavier, avec lesquels on peut créer toute sorte de musiques.

Publicités, films et spots radio signés : Suzanne Ciani

Suzanne Ciani va beaucoup l’utiliser à une période de sa vie où elle a besoin d’argent... La compositrice va donc chercher là où il y en a : le monde de la publicité, puis celui du cinéma, de la radio et de la télévision. A la fin des années 70, Suzanne Ciani est partout... En tout cas, les sons qu’elle enregistre avec son Buchla sont partout, y compris dans les bruitages de publicités.

Soulagée financièrement, la compositrice retourne enfin à sa musique et sort en 1982 un album incroyable : Seven Waves. Chaque titre débute sur des bruits de vague, créés, toujours avec son Buchla, et non enregistrés. Puis la compositrice nous embarque dans son univers musical. 

Du Buchla 200 au piano romantique

Quelques années plus tard, la musicienne traverse une grave crise. Son instrument avec lequel elle crée toute son œuvre tombe en panne. Sauf que personne n’est en mesure de le réparer, excepté son créateur avec qui elle n’est pas vraiment en lien à ce moment-là. Suzanne Ciani se retrouve démunie.

C’est comme si on retirait à une violoniste son instrument et qu’on ne pouvait lui mettre entre les mains qu’un violoncelle, un alto ou une guitare…  Elle va revenir à ses premières amours et son premier instrument de musique : le piano. S’en suivent de nombreux albums très romantiques, un peu kitsch, qui vont la catégoriser dans la tendance new age éclipsant son passé de pionnière de la musique électronique. 

Suzanne Ciani était aussi une des pionnières du son 3D. Dès ses débuts, elle voulait créer une salle de concert du futur où le son pouvait se balader, d’une enceinte à l’autre, pour créer une autre manière d’écouter la musique. Sauf qu’à l’époque, personne ne l’a suivi dans cette idée. Et ce n’est qu’aujourd’hui, à plus de 70 ans, que la compositrice exauce enfin son rêve. 

Elle se produit sur scène, utilise souvent la quadriphonie, c'est-à-dire quatre canaux de diffusion indépendants, et surtout, elle retrouve le plaisir de jouer avec son instrument favori, le Buchla, pas le premier exposé dans un musée au Canada, mais un autre qu’elle a récupéré directement auprès de son création, récupéré ou plutôt échangé puisque Don Buchla a récupéré la voiture de Suzanne Ciani contre un de ses Buchla 200.

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