Mardi 28 décembre 2021
2 min

Amy Beach : tout pour le piano

Connue pour avoir été la première compositrice américaine à avoir écrit une symphonie, Amy Beach s'est aussi toute sa vie illustrée pour ses œuvres pianistiques en laissant notamment un concerto et de nombreuses musiques de chambre.

Amy Beach : tout pour le piano
Portrait de la pianiste et compositrice américaine Amy Beach., © Corbis / Corbis Historical

Le 27 décembre 1944, la compositrice Amy Beach s'éteignait. Si son nom a marqué l'histoire de la musique, c'est pour avoir été la première Américaine à composer une symphonie en 1897. Dans son catalogue, on retrouve également de nombreuses œuvres de musique de chambre, ainsi qu'un opéra, une grande messe pour chœur et orchestre, et des bijoux pour le piano, instrument qu'elle pratiquait avec talent.

Avant de composer, Amy Beach était surtout connue comme pianiste. A 17 ans, elle jouait comme soliste avec l’orchestre symphonique de Boston. Une carrière qui s’arrête avec son mariage. En 1885, à 18 ans, elle épouse un docteur de 42 ans qui n’aime pas trop la voir sur scène. La pianiste aura donc droit à un ou deux concerts par an et tous les bénéfices doivent être versés à des œuvres de charité.

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Le mariage ou le piano

Cependant, il la laisse plutôt faire sur le plan de la composition, ce qui permet à Amy Beach de concentrer la majorité de son temps à l’écriture (d’autant que le couple n’aura pas d’enfants). Ainsi, cinq ans après son mariage, elle compose ces fameuses œuvres grandioses : une grande messe, puis une symphonie intitulée la symphonie gaélique et en 1900 un concerto pour piano qui la consacre comme compositrice reconnue et accomplie.

Dans son œuvre, le piano est virtuose, romantique, parfois accompagnant des mélodies, parfois soliste ou avec un quintette. C’est dans sa période très prolifique, en 1907, qu’Amy Beach écrit ce quintette avec piano. La création a lieu un an après, à Boston, et c’est elle qui tient la partie pianistique.

Influences brahmsiennes et synesthésie

Quelques années auparavant, elle joue un autre quintette avec piano, celui de Johannes Brahms, et on entend bien dans sa toute nouvelle œuvre, l’influence du compositeur allemand.

Amy Beach associait son quintette à la couleur noire. La compositrice était dotée de synesthésie, c'est-à-dire qu’elle voyait des couleurs en fonction de la musique, comme Alexandre Scriabine et beaucoup d’autres. Ici, sa composition est écrite en fa dièse mineur, et pour elle, cela correspondait au noir. De mon côté je ne vois peu de noirceur dans ce quintette, mais surtout le talent inouï d’une compositrice américaine encore trop peu jouée.

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