Mardi 19 octobre 2021
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Jacqueline du Pré sublime la musique de la compositrice Priaulx Rainier

Le 3 septembre 1964 au Royal Albert Hall de Londres, Jacqueline du Pré interprète le romantique et exigeant concerto d’Elgar suivi d'une création, un autre concerto pour violoncelle, signée de la compositrice sud-africaine Priaulx Rainier.

Jacqueline du Pré sublime la musique de la compositrice Priaulx Rainier
La compositrice Priaulx Rainier en 1984., © George Newson / Lebrecht Music & Arts

Nous sommes le 3 septembre 1964 au Royal Albert Hall de Londres. Jacqueline du Pré vient d’interpréter le romantique et exigeant concerto d’Elgar. La salle applaudit cette grande musicienne accompagnée par l’orchestre symphonique de la BBC. Arrive la deuxième partie du programme : une création de la compositrice Priaulx Rainier. 

Née en Afrique du Sud en 1903, elle rejoint l’Angleterre pour suivre des cours à la Royal Academy of Music de Londres et c’est dans cette ville que son concerto pour violoncelle est créé par Jacqueline du Pré… Dans la carrière écourtée par la maladie de la violoncelliste, les œuvres contemporaines sont rares. Elle va d’ailleurs jouer ce concerto pour violoncelle une seule fois, à l’occasion des BBC Proms, grand festival de musique classique londonien. 

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De l'Afrique du sud à Paris en passant par Londres

Priaux Rainier elle, commence la musique avec le violon et tombe amoureuse du violoncelle grâce à sa sœur qui en joue. Après ses études à Londres, elle apprend la composition auprès de Nadia Boulanger, à Paris, à partir de 1937. 

Ses premières œuvres sont plutôt des mélodies ou de la musique de chambre. On y entend énormément d’influences africaines, à la fois sur les instruments choisis, le rythme et les textes adaptés de poèmes africains. Elle opère un changement de style à la fin des années 50 et se rapproche de l’abstrait, on l’entend bien dans son concerto pour violoncelle. 

Même si ce n’est pas une forme classique de concerto, il faut l’appréhender dans son ensemble. Écouter les textures orchestrales, les dialogues entre les cordes et les instruments à vent qui ont souvent des rôles de solistes. Tout cela dans une sorte de continuité où tout se mêle et s’enchaîne pour laisser parfois le violoncelle nous offrir une respiration suspendue. 

Les trois mouvements du concerto ne sont pas marqués. On entend une œuvre dans son ensemble avec une forme d’évolution. Ce qui surprend c’est la fin. Priaux Rainier ne monte pas en puissance, au contraire, elle reprend des thèmes entendus dans le premier mouvement, réduit l’orchestre à son strict minimum, et après 19 minutes de musique, elle laisse le violoncelle conclure sa longue plainte dans un pianissimo mystérieux, ponctué de quelques percussions… 

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