Mardi 14 décembre 2021
2 min

Augusta Holmès, la wagnérienne qui aimait la France

La compositrice Augusta Holmès vouait un culte au compositeur allemand Richard Wagner, ce qui ne l'a pas empêchée de composer de nombreuses œuvres patriotiques, dont une qui proclame son amour de la France : Ludus pro patria.

Augusta Holmès, la wagnérienne qui aimait la France
La compositrice Augusta Holmès photographiée par L. Taponier, © L.Taponier

A son actif, on compte quatre opéras et une vingtaine d'œuvres symphoniques dont une ode pour chœur et orchestre intitulée Ludus pro patria, Jeu pour la patrie, une œuvre créée le 4 mars 1888 à la Société des concerts du Conservatoire de Paris, sous la direction de M. J. Garcin.

Dans cette œuvre patriotique, ce n’est pas seulement la France qu’elle loue. Certes le nom de l'ode puise son inspiration dans un tableau signé par le peintre français Pierre Puvis de Chavannes, mais en choisissant la forme de l’ode symphonique, à savoir une composition entre opéra, symphonie, cantate et l'oratorio, elle cherche surtout à développer un art total

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Une passion wagnérienne

Un art total comme chez... Richard Wagner, compositeur allemand dont elle loue un véritable culte. Augusta Holmès sera vivement critiquée pour son amour de Wagner. Lors de certains concerts, sa musique est sifflée et des disputes éclatent dans le public. 

Mais à ce poteau, j’ai continué de sourire et de chanter, ainsi que convient de faire les gens de notre sorte.

Régulièrement dans sa correspondance, elle s’en plaint, notamment à son ami et fervent soutien Camille Saint Saëns. Elle lui écrit : 

“Mon cher ami,   Combien j’ai eu de joie à apprendre par notre belle interprète que vous approuviez et que vous aimiez ma “Montagne Noire” pour laquelle on m’a attachée au poteau et criblée de flèches et de boue. Mais à ce poteau, j’ai continué de sourire et de chanter, ainsi que convient de faire les gens de notre sorte, en face des manants et des escarres dont le grand chemin de l’art est infesté.”

Un opéra, un échec, un oubli

La Montagne noire est le nom de son opéra donné au Palais Garnier. Malgré un livret solide, écrit de sa main, et un accueil favorable du public, après treize représentations, le rideau se ferme. C'est un échec. A la fois pro-wagnérienne mais surtout née femme, Augusta Holmès subit de violentes critiques. 

Dans un XIXe siècle particulièrement virulent contre les créatrices, on peut lire dans la presse à l'issue de la première représentation : "Il semble que la composition musicale, j’entends la grande composition, ne soit décidément pas besogne féminine", (Revue des Deux Mondes). Augusta Holmès tombe dans l'oubli et ce n'est que des dizaines d'années plus tard que l'on ressort enfin sa musique, et peut-être un jour que l'Opéra de Paris rouvrira ses portes à l'une de ses créations ?

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