Samedi 23 novembre 2019
5 min

Chants de femmes du monde entier #NousToutes

Samedi 23 novembre, des marches contre les violences sexistes et sexuelles sont organisées dans toute la France. Pour soutenir le mouvement #NousToutes en musique, voici quelques-uns des plus beaux chants traditionnels de femmes piochés aux quatre coins du monde.

Chants de femmes du monde entier #NousToutes
Sur l'île Rodrigues dans l'océan indien, une chanson traditionnelle parle des violences faites aux femmes., © Getty / Marka / Contributeur

Aujourd’hui en France de nombreuses marches sont organisées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Des hommes et des femmes vont donner de leur voix dans la rue pour dire stop, stop notamment aux féminicides, des femmes tuées par leur mari ou conjoint, il y en a eu en France 137 depuis le début de l’année. 

“Tu peux me battre mais tu ne me tueras pas si je veux voir du pays. Ma tête est comme un pavé, ni herbes, ni algues n’y poussent”. Ce sont les paroles d'un chant de l’île Rodrigues au coeur de l’Océan Indien. Ce chant traditionnel parle des violences faites aux femmes en donnant la parole à ces dernières. Ici la femme indique à son mari qu’il peut la battre puisque ses cheveux crépus la protège. Un chant enregistré à la fin des années 90 par l’ethnomusicologue Brigitte des Rosiers. 

Lamentations de Papouasie

Il y a quelques semaines, cette chronique mentionnait les lamentations des femmes kurdes; des lamentations qui sembleraient communes à de nombreuses traditions musicales dans le monde, même à des milliers de kilomètres de distance puisqu'en Papouasie Nouvelle Guinée, les femmes aussi chantent des lamentations, comme pour accompagner un rite mortuaire.

“Allons buvons, mon vin n’est pas si bon mais c’est moi qui l’ai fait, si tu en bois et que tu te saoules tu ne m’oublieras jamais”. Parmi les chants de femmes, il existe aussi des chansons à boire, comme en Chine avec ce "Allons buvons" qui fait référence à l'alcool de riz. 

Restons un peu en Asie avec un chant du Turkménistan qui raconte une joute poétique entre un héros et une femme barde... Devinez qui remporte la joute ? La femme évidemment. Cet enregistrement a été réalisé en 1993 à la maison des cultures du monde, c’est un disque qui s’appelle : ‘Chant des femmes bakshi’, sachant que ce terme a longtemps désigné le musicien homme (autrefois itinérant, comme un troubadour) et ce répertoire était réservé aux chanteurs. Ce disque illustre à ce moment-là une avancée dans la reconnaissance des chanteuses turkmènes puisqu’y figurent trois interprètes femmes donc, qui ont été reconnues pour leur talent. 

Mon mari ne cesse de boire et je suis seule.

Cap maintenant sur la Russie, et pour avoir une idée de la condition des femmes à l’époque, il faut regarder du côté des chants traditionnels paysans, comme un qui s’intitule ‘La solitude’. Il dit : “Mon mari ne cesse de boire et je suis seule. Seule avec le travail dehors. Seule avec le travail dedans. Seule avec les enfants.” Un chant qui malheureusement reflète encore une réalité, et pas seulement en Russie. 

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