La chronique culture
Magazine
Samedi 14 janvier 2017
10 min

Ballade architecturale dans la City de Londres

Vous l’avez sûrement remarqué depuis les années 2000, les gratte-ciels poussent à Londres comme des champignons. Rien qu’en 2016, on recensait 70 tours en chantier et 230 ayant leur permis de construire. Le cœur financier de la ville, la City offre une skyline en bordure de la Tamise. Prenez votre bonnet et une grosse écharpe - attention aux courants d’air - nous allons musarder au pied de ces géants d’acier et de verre…

Et si pour commencer on prenait un peu de hauteur ?

Bonne idée et il y a l’embarras du choix. Vous pouvez monter en haut du Shard, c’est à dire l’éclat de verre, le gratte-ciel le plus haut de Londres avec ses 310 mètres, signé par Renzo Piano, au sud de la Tamise, face à la City. Le prix pour atteindre ce 7e ciel est aussi très élevé: 30 livres ! Bon, au sein de la City, plusieurs tours abritent aussi des restaurants chics. Mais si vous préférez un petit déjeuner pas cher, montez en haut du « Talkie Walkie « de l’uruguayen Raphael Vinoly, l’un des gratte-ciels les plus critiqués de Londres. D’abord, sa façade concave a créé un effet loupe au soleil qui a un peu brûlé des véhicules garés à ses pieds. Depuis, un film anti-rayonnement a été posé. Et puis, cette tour évasée vers le haut pour gagner des mètres carrés est jugée trop massive. En tout cas, au sommet, vous avez une sublime vue à 360 degrés sur Londres, la Tamise et la City.

*Idéal pour commencer notre balade…
*

Je vous propose ensuite de marcher vers le Nord en direction de deux tours fameuses. La première, c’est la tour ovoïde surnommée le Cornichon, un édifice aux lignes futuristes, racées, qui porte la marque de Sir Norman Forster, l’architecte vedette de Londres. Et juste à côté, vous avez le gratte-ciel de son rival, Richard Rogers, l’un des architectes du Centre Pompidou. On retrouve d’ailleurs ici ses tics déjà repérés à Beaubourg, notamment toute la tuyauterie, les câbles et les infrastructures techniques exhibés sur la façade arrière avec des couleurs vives. Sa forme en triangle effilé, pour ménager la vue sur la Cathédrale saint Paul, lui a valu le surnom de « râpe à fromages ». Ce qui, à côté du Cornichon, a fait dire au très conservateur prince Charles: « il me semble que Londres est en train de ressembler à une absurde table de pique-nique » !

Pour ma part, j’adore une autre création de Rogers, située juste en face, bâtie en 1986 pour la Loyds : un tour toute en acier, hérissée de cubes, d’escaliers hélicoïdaux et de hublots, qu’on dirait sortie d’un album de science-fiction ! Plus au Nord, Clément, vous trouverez encore la Héron Tower de l’agence new-yorkaise KPF et l’impressionnante Broadgate Tower, dessiné par SOM à Chicago.

Et en redescendant au Sud ?

D’abord, faîtes un crochet par le Barbican center, cet exemple d’architecture brutaliste, typique des années 1950 et de la reconstruction d’après-guerre, très inspiré des idéaux de Le Corbusier, avec ses barres d’immeubles sur pilotis, ses rues piétonnes suspendues… Près de San Stephen Walbrook, levez aussi le nez vers la tour New Court, coiffée d’un cube translucide, un bijou du néerlandais Rem Koolhaas pour la banque Rothschild. Puis poussez jusqu’à la cathédrale Saint-Paul face à laquelle le Français Jean Nouvel a bâti le One new Change, un centre commercial tout en angles aigus et surfaces sombres, baptisé par les Londoniens le « bombardier furtif ». De là, empruntez le Millenium bridge de Norman Forster sur la Tamise pour arriver à la Tate modern dont les Suisses Herzog et de Meuron viennent d’achever l’extension. C’est une pyramide twistée, en briques, en haut de laquelle, bonne surprise Clément, l’on peut monter gratuitement pour admirer une nouvelle fois la vue sur ce Londres en pleine explosion.

Voilà, pour les fans d’architecture, le site officiel de Londres visitthecity.co.uk propose en téléchargement un circuit guidé à travers une trentaine de tours de la City. Plus d'infos ici !