Samedi 10 juin 2017
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Un été au Havre

Un été au Havre
Un été au Havre

Ce matin, Cécile Jaurès nous parle d’un «Été au Havre», une programmation artistique dans la ville du Havre à l’occasion de ses 500 ans.

Avez-vous déjà passé des vacances au Havre ? Longtemps, la ville a souffert d’une image un peu terne : à l’évocation de son nom, on pensait généralement à ses cheminées d’usine, à ses quais encombrés de conteneurs ou à son centre-ville en béton qui lui valait le surnom de Stalingrad-sur-mer ! L’histoire même du Havre est jalonnée de traumatismes. En 1525, à peine huit ans après sa fondation par François Ier, la ville est dévastée par une «Male Marée», autrement dit un raz-de-marée. Bâti sur des marécages, Le Havre sera longtemps soumis aux fortunes de mer, mais aussi aux destructions liées à sa position stratégique de port militaire et de porte défensive de Paris. En septembre 1944, le centre-ville a été totalement réduit en poussière par les bombardements alliés…

Mais du passé, faisons table rase ! «Un été au Havre» célèbre une ville tournée vers le futur. Ces dernières années, la cité portuaire a changé de visage, grâce à la réhabilitation des anciens Docks ou à l’aménagement des quais pour la promenade et les loisirs. Même les constructions d’après guerre signées Auguste Perret sont devenues attractives, depuis leur classement en 2005 au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour fêter les 500 ans de la ville, la municipalité, longtemps dirigée par Edouard Philippe, notre nouveau Premier ministre, a eu la bonne idée de faire appel à Jean Blaise. Vous savez, ce directeur artistique qui a redynamisé Nantes par de grands événements culturels.

Qu’a-t-il concocté pour Le Havre ?

Toute une programmation festive qui a démarré en mai par des concerts et des parades. Et quatre parcours urbains au départ du Volcan, ce curieux bâtiment blanc en forme de cheminée, construit par le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer. Jean Blaise a semé des installations crées par des artistes contemporains dans les rues, les plages et les monuments. À l’église Saint-Joseph, par exemple, l’artiste japonaise Chiharu Shiota a tissé en fil de laine une spectaculaire volute de vingt-cinq mètres de haut. Elle flotte dans la nef, aspirée par le clocher octogonal comme dans un décor de science-fiction. Elle symbolise les prières et les vœux s’élevant du chœur et sa couleur vermillon s’harmonise magnifiquement aux tâches mordorées projetés par les vitraux.

D’autres œuvres sont installées en plein air…

Sur le quai de Southampton, là où accostaient autrefois les paquebots de luxe, le plasticien Vincent Ganivet a dressé deux monumentales arches de conteneurs multicolores. Clin d’œil à la vocation de la ville, devenue le premier port français pour le commerce extérieur, elles évoquent un Lego abandonné par un géant. Plus loin, sur la plage de galets, les cabanes blanches ont été décorées de couleurs vives par le graphiste Karel Martens. Et une élégante structure architecturale, signée Lang & Baumann, semble s’être échappée de la ville pour prendre un bain de mer et offrir un peu d’ombre aux vacanciers. Il est impossible de citer toutes les interventions des artistes mais elles contribuent vraiment à regarder la ville avec un autre œil.

Jusqu’au 8 octobre mais il est déjà prévu que certaines œuvres restent à demeure. On s’en réjouit !