L'invité du jour
Entretien
Jeudi 11 septembre 2014
53 min

Olivier Rolin, pour son livre "Le météorologue"

A l'occasion de la sortie de son livre "Le Météorologue", Olivier Rolin est l'invité du jour de la matinale culturelle.

La Grande Terreur dure 16 mois, entre 1937 et la mi-1938, 750 000 personnes exécutées pendant cette période, sans compter ceux qui ont péri dans les camps. Alexéï Féodossévitch Vangengheim, Le Météorologue, est l'un d'eux, c'est l'histoire que raconte Olivier Rolin.

"Ce n'est pas un révolté, c'est un type moyen, un type comme tout le monde, c'est pour ça que son histoire est représentative." Il a cru en Staline, et il y croit encore alors qu'il est arrêté, il ne peut croire que Staline est au courant de ces arrestations. La terreur stalinienne reste méconnue en France, et est partiellement dissimulée en Russie, et c'est ue des raisons pour laquelle Olivier Rolin a écrit Le Météorologue.

Olivier Rolin (©Guillaume Decalf / France Musique)
Olivier Rolin (©Guillaume Decalf / France Musique)
guillemets ouvrants
guillemets ouvrants

Son domaine c’était les nuages. Sur toute l’étendue immense de l’URSS, les avions avaient besoin de ses prévisions pour atterrir, les navires pour se frayer un chemin à travers les glaces, les tracteurs pour labourer les terres noires. Dans la conquête de l’espace commençante, ses instruments sondaient la stratosphère, il rêvait de domestiquer l’énergie des vents et du soleil, il croyait « construire le socialisme », jusqu’au jour de 1934 où il fut arrêté comme « saboteur ». À partir de cette date sa vie, celle d’une victime parmi des millions d’autres de la terreur stalinienne, fut une descente aux enfers.

Pendant ses années de camp, et jusqu’à la veille de sa mort atroce, il envoyait à sa toute jeune fille, Éléonora, des dessins, des herbiers, des devinettes. C’est la découverte de cette correspondance adressée à une enfant qu’il ne reverrait pas qui m’a décidé à enquêter sur le destin d’Alexéï Féodossévitch Vangengheim, le météorologue. Mais aussi la conviction que ces histoires d’un autre temps, d’un autre pays, ne sont pas lointaines comme on pourrait le penser : le triomphe mondial du capitalisme ne s’expliquerait pas sans la fin terrible de l’espérance révolutionnaire.

guillemets fermants
guillemets fermants

Olivier Rolin