L'invité du jour
Entretien
Mardi 17 février 2015
26 min

Nicolas Bouchaud, pour "Un métier idéal" et "La loi du marcheur" au Carreau du Temple à Paris

Vincent Josse reçoit le comédien Nicolas Bouchaud, à l'affiche de deux pièces au Carreau du Temple à Paris.

Présentation du Théâtre du Rond Point / Carreau du Temple :

Un métier idéal :

"Quand il parle avec un malade ou qu’il l’écoute c’est comme s’il le touchait aussi avec ses mains...

Angleterre, années soixante. L’écrivain John Berger et le photographe Jean Moh r accompagnent pendant deux mois John Sassall dans son activité professionnelle, médecin de campagne. Après avoir servi dans la Navy comme chirurgien durant la Seconde Guerre mondiale, John Sassall choisit d’exercer dans une région reculée d’Angleterre. Il s’installe au cœur de la forêt. Deux salles d’attente, un cabinet, une pharmacie, mais la nature prédomine. Ici, au sein d’une communauté rurale couramment qualifiée de fruste, se font entendre des voix, proches ou lointaines, des histoires simples ou extravagantes. Et Un métier idéal, à la fois roman d’apprentissage et œuvre militante, se transforme au fil du récit en une invitation au voyage. C’est une quête, une traversée. On frôle bientôt les ombres et les atmosphères d'Au cœur des ténèbres de Conrad.

Auteur, romancier, scénariste, critique, poète et peintre, John Berger est né en 1926. Il vit en France, en Haute-Savoie. Observateur humaniste, dessinateur clinique, il décrit sans affect les combats, les malheurs ou les victoires des existences qu’il croise. Par la grâce d’un sentiment d’empathie, d’intimité, les frontières disparaissent, et les rôles s’inversent. Dans cet étrange périple, chacun finit par endosser tour à tour le rôle du médecin et celui du patient. Après La Loi du marcheur en 2010 et 2011 au Rond-Point, d’après les derniers entretiens filmés de Serge Daney, Nicolas Bouchaud et le metteur en scène Éric Didry saisissent une fois encore une parole non destinée à la scène. Ils dressent des portraits d’une humanité authentique, dans ses fragilités et ses grandeurs. Pierre Notte"

Du 31 mars au 18 avril

La loi du marcheur - Entretien avec Serge Daney :

"Oh ! On fait pas la vaisselle, on la f’ra plus tard et on va au cinéma !

Janvier 1992. Quelques mois avant sa mort, Serge Daney s’entretient avec Régis Debray sur son itinéraire de critique de cinéma. Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, journaliste à Libération, fondateur de la revue Trafic, il témoigne de ce que « voir des films » lui a offert du monde. « On ne devient pas critique de cinéma, dit-il, ça peut pas être une vocation, c’est à peine un métier. » Serge Daney invite à un voyage dans l’Histoire, celle d’un « petit parigot » né en 1944 qui embarque dans le cinéma comme sur un bateau nommé « promesse d’un monde ». Un bateau où toutes les classes se mêlent et s’échangent les tours de quart. Une odyssée qui est école du regard et de vigilance, car « savoir regarder » s’avère un outil précieux, qu’on soit chasseur, ouvrier ou penseur, quand on aspire à devenir « citoyen du monde ».

Le spectacle créé par Nicolas Bouchaud et Éric Didry, issu de la transcription exacte des entretiens, puise à cet art de la parole si propre à Serge Daney qui se décrivait lui-même comme un « griot », un « passeur ». Avec pour seul viatique un écran, comme une page blanche, sur lequel s’invite un film comme s’il contenait à lui seul tout le cinéma. Sur le plateau du théâtre, l’acteur, l’écran, le film et le spectateur tissent des liens de plus en plus sensibles, intimes, nécessaires.

Nicolas Bouchaud, compagnon de route de Gabily, monstre de scène chez Jean- François Sivadier pour qui il interprète les rôles-titres de La Vie de Galilée de Brecht, du Roi Lear de Shakespeare et récemment dans La Dame de chez Maxim de Feydeau, donne sa voix à l’un des plus grands penseurs de l’histoire du cinéma. Éric Didry, depuis son premier spectacle, Boltanski / interview, comme dans Récits / reconstitutions, place la parole au centre de sa recherche. Il travaille ici, comme dans l’ensemble de ses spectacles, à modeler de nouvelles formes d’écriture pour réinterroger la place et la perception du spectateur."

Du 28 mars au 18 avril

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