L'invité du jour
Entretien
Mardi 7 juin 2016
1h 20mn

Maxime Pascal

Après les Vêpres de Monteverdi, le Balcon, sous la baguette de Maxime Pascal, se saisit d’un nouveau mythe, Stockhausen, et propose, dans la Basilique, la dernière scène du « Samedi de lumière », créée en 1982 à l’église de San Rufino à Assise et issue du cycle des sept jours, « Licht », entrepris par le compositeur dès la fin des années 70.

Composée sur le poème « la Louange des Vertus » de Saint-François d’Assise, cette cantate pour voix d’hommes, cuivres, grand orgue, cloches et autres percussions, se veut une scène d’adieu au « passeur de lumière » Lucifer. Au-delà du propos ou de l’ambition cosmique, la musique saisit. Virtuosité fulgurante, combinaison de timbres, spatialisation acoustique, résonances, sons directs ou enregistrés, effets théâtraux, la partition recèle d’inventivité, d’accents mystiques et de richesses quasi baroques.
Une cérémonie de sons, d’ombres et de lumières.

Biographie :

Né de parents musiciens, Maxime Pascal débute dès ses neuf ans l’apprentissage du piano puis du violon dans sa ville de Carcassonne, avant de le poursuivre à Tarbes et à Bayonne. Il est ensuite admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans les classes d’écriture et d’érudition. Il ressent rapidement la nécessité de diriger, et s’inscrit dans la classe de direction d’orchestre de François-Xavier Roth.

Encore étudiant, il fonde en 2008 l’orchestre Le Balcon (nommé d’après la pièce de Jean Genet), conjointement avec les compositeurs Pedro Garcia-Velasquez, Juan-Pablo Carreño et Mathieu Costecalde, le pianiste chef de chant Alphonse Cemin et l’ingénieur du son Florent Derex. La particularité de cet ensemble orchestral à géométrie variable, particulièrement tourné vers la musique contemporaine, est de faire appel aux techniques de sonorisation.

Maxime Pascal, fortement influencé par la reproduction sonore enveloppante des salles de cinéma, souhaite imprimer à la musique un « geste d’augmentation », renforçant ses effets sur des auditeurs englobés dans un spectacle total. Il collabore par exemple avec Pierre Boulez afin de présenter une version sonorisée du Marteau sans maître en 2011. Le théâtre Athénée - Louis Jouvet devient lieu de résidence pour Le Balcon, et accueille une version de concert et sonorisée de l’opéra Ariane à Naxos de Richard Strauss en 2013.

Maxime Pascal est également directeur musical de l’Orchestre Impromptu. Il est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis septembre 2010. En mars 2014, il est le premier Français à remporter le Young Conductors Award du Festival de Salzbourg, jeune concours de chefs d'orchestre déjà très en vue.

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lundi 6 juin 2016