Lundi 31 août 2020
40 min

Les mesures de Roselyne Bachelot face à la crise

La Ministre de la Culture est l’invitée exceptionnelle de La Matinale. Alors que Roselyne Bachelot souhaite "mettre la culture au cœur du plan de reconstruction de notre pays", comment va-t-elle sauver la rentrée culturelle ?

Les mesures de Roselyne Bachelot face à la crise
Roselyne Bachelot-Narquin, © MC_D_Plowy

Les dossiers s’ajoutent sur le bureau de la Ministre : entre le plan de relance pour la culture, le soutien aux salles de spectacles et aux cinémas, le déficit de l’Opéra de Paris, la rentrée des Conservatoires ou encore la refonte du paysage audiovisuel, des mesures fortes sont attendues par le secteur culturel pour faire face à la crise.

Pour rappel, le Premier Ministre a annoncé le 27 août dernier que l’Etat allouera 2 milliards d'euros de budget pour le secteur culturel, 432 millions d’euros iront directement à destination du spectacle vivant.
Jean Castex a également annoncé la répartition de 100 millions d’euros pour la compensation de pertes d’exploitation.  Ainsi, les salles qui seront obligées de fonctionner avec une jauge réduite auront la possibilité de bénéficier d’une aide pour compenser leur perte de billetterie. En effet, les lieux culturels situés en zone rouge sont dans l’obligation de respecter la distanciation physique et ne peuvent donc pas recevoir la totalité du public.
En ce qui concerne la jauge maximale, elle reste fixée à 5000 places assises, hormis si les salles arrivent à obtenir une dérogation préfectorale (sauf en zone rouge).
Ces mesures posent évidemment un problème pour les salles de musiques actuelles, où le public reste debout. Ces salles restent donc fermées jusqu’à nouvel ordre.

Toutefois, le gouvernement encourage la reprise d’activité des exploitants de salles de spectacle et souhaite les inciter à rouvrir leurs portes : « allez au cinéma, au théâtre, vous ne risquez rien » clamait Jean Castex à La Matinale de France Inter.

Dans son interview face à Jean-Baptiste Urbain, La Ministre de la Culture n'est "ni optimiste ni effrayée mais décidée et combative" face à la crise et au "véritable désastre" que traverse le monde la culture, rappelant que c'est "un secteur économique qui représente 7 fois l'industrie automobile". Roselyne Bachelot se décrit comme La Ministre des artistes : "Je suis sensible à ce désespoir porté par des artistes qui ne peuvent pas jouer et s'exprimer. C'est une souffrance intolérable !"

Les différentes mesures économiques

La Ministre est revenue sur les différentes mesures prises pour combattre cette crise. Dans les 2 milliards alloués à la culture, elle précise que 12 millions d'euros seront dédiés pour les artistes et auteurs, avec 30 millions d'euros uniquement pour des commandes publiques ainsi que 1 milliard à destination des intermittents. Elle a également débloqué un fond de 100 millions d'euros si les salles n'obtiennent pas le seuil de rentabilité attendu, le fameux point d'équilibre.

Roselyne Bachelot porte un message clair : "il faut recréer la confiance chez les spectateurs, sinon à quoi ça sert de donner de l'argent si les gens ne vont plus dans les salles ?" 

Les états généraux des festivals en octobre

"A Avignon va se tenir durant la première semaine d'octobre, les états généraux des festivals, où tous les aspects des festivals vont pouvoir échanger sur la question écologique, sanitaire, sur les modes économiques, la question des intermittents, des bénévoles et de l'irrigation territoriale". Roselyne Bachelot souhaite que cette réflexion ne se déroule pas seulement à Avignon mais partout en France : "il est nécessaire que ce soit une réflexion plus large". Ces états généraux permettraient de "nourrir un autre mode de festival" et de se tourner vers une viabilité économique à long terme.

La Ministre déclare qu'un million de personnes ont participé à l'été culturel et apprenant, qui a permis de proposer plus de 10 000 spectacles  avec 8000 artistes dans toute la France.

La tempête à l'Opéra de Paris

Roselyne Bachelot est revenue sur la grave crise que traverse l'institution parisienne. Entre les gilets jaune, les grèves contre la réforme des retraites et le confinement, l'Opéra de Paris est à l'arrêt depuis novembre, avec "les conséquences économiques et psychologiques" que cela sous-entend.
Ainsi, La Ministre a demandé à Stéphane Lissner de quitter la direction de l'Opéra de Paris plus tôt que prévu, dès le 1er septembre laissant ainsi l'entière responsabilité à Alexander Neef. "Cette décision a été prise d'un commun accord" entre La Ministre et Stéphane Lissner.

Avec ses 45 millions de dettes, l'Opéra de Paris a "un vrai risque de sombrer". La Ministre de la Culture proposera dès demain des mesures à Alexander Neef, lors de sa passation de pouvoir avec son prédécesseur, pour redresser la maison lyrique.

Face à la question pour savoir si l'Opéra de Paris coûte trop cher, Roselyne Bachelot répond qu'il faut garder ce modèle particulier de théâtres subventionnés en France. "Je ne serai pas la Ministre de la marchandisation de la culture".

La réforme de l'audiovisuel public

Une trajectoire économique est nécessaire, selon La Ministre. Toutefois, elle soutient qu'elle aidera l'audiovisuel.
Malgré la suppression de France Ô, elle a pour objectif de rendre visible l'outre-mer dans l'ensemble de l’audiovisuel public.
Concernant l'avenir de France 4, Roselyne Bachelot leur laisse encore un an pour réfléchir à la manière de créer un vrai média éducatif : "il faut créer une offre éducative durable". La chaîne doit se renouveler après le confinement et créer "un audiovisuel au service de l'éducation".

Enfin, Roselyne Bachelot martèle "qu'il faut donner envie aux gens de retourner dans les salles de spectacle", tout en assurant aux publics qu'ils peuvent faire confiance aux différentes institutions.

Retrouvez l'interview vidéo en intégralité :

Programmation musicale

Erich Korngold
Quatuor n°2 en Mi bémol Maj : 2. Intermezzo
Quatuor Modigliani
MIRARE

Jean-Philippe Rameau
Les Indes Galantes : Forêts paisibles
Le jeune choeur de Paris
Les Ambassadeurs
Sabine Devieilhe, soprano
Florian Sempey, baryton
Choeur de Chambre de Namur
Capella Mediterranea
Direction, Leonardo Garcia Alarcon
Enregistrement live

Georges Bizet
Carmen : Avec la garde montante
Choeur du CNR de Bordeaux
Orchestre National de Bordeaux Aquitaine
Direction, Alain Lombard
VALOIS

Les invités :
L'équipe de l'émission :