Mercredi 5 mai 2021
25 min

Le bicentenaire de la disparition de Napoléon Bonaparte, avec Arnaud Marzorati et Bruno Messina

Napoléon Bonaparte disparaissait le 5 mai 1821. A cette occasion, Arnaud Marzorati et son ensemble Les Lunaisiens sortent un nouveau disque intitulé "Sainte-Hélène – La légende napoléonienne", autour des musiques qui rythmaient la vie politique et personnelle de l'empereur français.

Le bicentenaire de la disparition de Napoléon Bonaparte, avec Arnaud Marzorati et Bruno Messina
Arnaud Marzorati, Bruno Messina, © Clémence Dubois, Festival Berlioz

De ce que l'on en dit, Napoléon chantait extrêmement faux... mais cela ne l'a pas empêché d'être un mélomane aguerri ! L'empereur français a même étudié la musique, à l’école militaire de Brienne. L'utilisation qu'a fait Napoléon de la musique pouvait être totalement personnelle, comme extrêmement politique, servant à glorifier son règne. C'est durant ses deux campagnes en Italie qu'il fréquenta La Scala et découvrit l’opéra italien, dont il se prendra vite de passion. Il fit même venir l’un de ses compositeurs favoris, Giovanni Paisiello, de Naples à Paris, afin qu’il devienne le grand compositeur de l’Empereur. Lors de sa deuxième campagne, il se laisse séduire par la Prima Donna de La Scala, Giuseppina Grassini, avec laquelle il entretient pendant quelque temps une relation. 

Une fois sacré, Napoléon ne va plus se contenter d'être spectateur, mais bien acteur dans le paysage musical français, en subventionnant et protégeant les principaux théâtres de la capitale d’une concurrence trop frénétique, notamment en limitant le nombre de théâtres à 8. Quant à l'opéra en France, il fondera l'Académie Impériale de Musique (anciennement l'Opéra de Paris), dont il contrôlera l'intégralité de la programmation. "La figure de Napoléon Bonaparte a toujours hanté mon univers, j'ai toujours été bercé par des chansons napoléoniennes enfantines. J'ai appris l'Histoire de France de cette manière !", nous confie Arnaud Marzorati.

Sainte-Hélène – La légende napoléonienne

Sorti le 23 avril 2021 sous le label Muso, ce disque en coproduction avec le Festival Berlioz ouvre une partie de l'histoire napoléonienne en musique.  "Savant et populaire sont beaucoup plus liés qu'on ne le dit, d'ailleurs Berlioz commence par reprendre des mélodies populaires !", nous dit Bruno Messina.

Dans ce disque, Les Lunaisiens sont accompagnés par des instruments historiques joués par Les Cuivres Romantiques. Ces derniers ont soufflé dans des trompettes, cors et buccins d’époque, prêtés pour l’occasion par le Musée de la musique de la Philharmonie de Paris. Ainsi pouvons-nous entendre des pièces originales de Buhl, Cherubini et autres qui furent jouées par la fanfare de la garde consulaire puis impériale ou par d’autres musiques régimentaires. Cet album permet de mettre en lumière deux autres pans de la musique au temps de l’empereur : la rue et ses chansons populaires, et le salon, avec la romance. "Ce disque montre toute la complexité de l'univers de la chanson. A l'époque ou tout le monde ne savait pas lire ou écrire, la musique fut le premier média, on informe par les chansons sur les places publiques, comme par exemple la propagande !", explique Arnaud Marzorati.

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