L'invité du jour
Entretien
Samedi 30 janvier 2021
20 min

Bruno David, président du Muséum d'histoire naturelle à Paris

Spécialiste de l'évolution et biologiste marin, Bruno David est depuis 2015, président du Muséum national d'Histoire naturelle, une institution qui s’intéresse à la diversité biologique, géologique et culturelle, et aux relations entre les sociétés humaines et la nature.

Bruno David, président du Muséum d'histoire naturelle à Paris
Bruno David, président du Muséum d'histoire naturelle à Paris, © A. Latzoura

Découvrir la série "Manifeste du Muséum".

La série Manifeste du Muséeum, lancée en 2017 à l'initiative de Bruno David, réaffirme le rôle et la nécessité de l’histoire naturelle dans les sociétés contemporaines

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"Face aux limites" est le dernier ouvrage de cette série. Ce manifeste propose une réflexion sur l’avenir de notre planète. À l’heure où la « collapsologie » tente de s’inviter dans le monde universitaire, d’autres modes de pensée perpétuent l’absence de prise en compte des limites : limites physiques et historiques du corps humain, limites des ressources de la planète.

"Pour que nature vive", le podcast du Muséum.

Une série audio en 12 épisodes qui a pour thème central la nature : mieux la connaître pour mieux la préserver. Dans chaque épisode de 30 minutes, une chercheuse ou un chercheur partage ses connaissances et solutions, pour mieux comprendre le vivant et le monde qui nous entoure.

A l'aube de la 6ème extinction
Bruno David
Paru en janvier 2021 aux éditions Grasset.

A l'aube de la 6ème extinction, Bruno David
A l'aube de la 6ème extinction, Bruno David, © Grasset

« Juillet 2019, il fait 42,6 c° au parc Montsouris à Paris, dans le Languedoc on enregistre 46°c à l’ombre. C’est une fournaise. Quelques mois plus tard, des tempêtes de feu ravagent l’Australie et on s’émeut de voir la faune et la flore dévorées par les flammes. Ce fameux mois de juillet 2019 aura été le plus chaud enregistré sur terre depuis que les relevés météorologiques existent. 

Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse, c’est un fait vérifiable par tous : la banquise arctique a perdu 96% de sa surface en 35 ans, le permafrost, cette bande de gel qui ceinture le grand Nord, recule, et chaque année le niveau des océans montent un peu plus.

Mais le climat et ses effets spectaculaires ne sont que la face la plus visible d’un bouleversement de bien plus grande ampleur qui concerne la vie elle-même. Au cours de sa longue existence, notre planète a connu plusieurs crises majeures, qui, à chaque fois, ont transformé en profondeur le vivant et entraîné l’extinction de la majorité des espèces. Mais l’image d’Épinal qui montre un dinosaure regardant, l’œil inquiet, une météorite s’écraser sur la terre et provoquer son extinction brutale est un mythe. Les crises de la biodiversité avancent masquées, en silence. 

Ces trente dernières années, un quart des oiseaux d’Europe ont disparu et pourtant nous n’avons pas marché sur des cadavres d’oiseaux le long des routes et des chemins. Aujourd’hui, tout laisse à penser que nous sommes à l’aube d’une sixième extinction qui arrive à une vitesse foudroyante : on estime que 500 000 à un million d’espèces sont en train de décliner et que d’ici quelques décennies elles pourraient s’éteindre. L’homme et sa consommation sans cesse croissante d’espace et d’énergie en est la première cause. Si rien n’est fait, cette nouvelle crise majeure de la biodiversité aura bien lieu, et l’humanité, dont la survie et la prospérité dépendent de l’équilibre de des écosystèmes, pourrait elle aussi disparaître. »  Bruno David

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