Vendredi 9 octobre 2020
25 min

Khatia Buniatishvili : "Il y a beaucoup de jeux de pouvoir avec les chefs d'orchestre"

De Couperin à Gainsbourg, en passant par John Cage et Liszt, Khatia Buniatishvili nous propose un véritable labyrinthe musical intimiste. C'est avec enthousiasme qu'elle présente son dernier disque, doté d'un éclectisme et d'une nostalgie certaine.

Khatia Buniatishvili : "Il y a beaucoup de jeux de pouvoir avec les chefs d'orchestre"
Khatia Buniatishvili - Musique matin du 09/10/2020, © Esther Haase

Pianiste géorgienne naturalisée française, Khatia Buniatishvili commence le piano à l'âge de 3 ans avec sa mère. Après ses études à l'École centrale de musique de Tbilissi, elle entre en 2004 au conservatoire d'État de Tbilissi et puis à Vienne en 2006, à l’Université de Musique et des Arts du spectacle de Vienne.

En 2008, elle remporte le troisième prix et le prix du public à la finale du concours Rubinstein à Tel-Aviv. À la suite de ce succès, elle débute aux États-Unis au Carnegie Hall de New York. Sélectionnée par la British Broadcasting Corporation parmi les BBC New Generation Artists, elle se produit deux fois au Wigmore Hall de Londres et fait ses débuts au Concertgebouw d'Amsterdam, à la Philharmonie de Berlin et au Musikverein de Vienne.

Outre sa carrière de soliste, elle se produit aussi comme chambriste, notamment en duo avec le violoniste Renaud Capuçon, dont elle est très proche, mais aussi en trio avec le violoniste Gidon Kremer et la violoncelliste Giedre Dirvanauskaite, en quintette avec le quatuor Pavel Haas, ou encore à quatre mains et deux pianos avec sa sœur Gvantsa Buniatishvili.

Le 21 juin dernier, Khatia Buniatishvili devient ambassadrice pour le projet DEMOS, visant à démocratiser la culture auprès des enfants dans les zones rurales insuffisamment dotées d'institutions culturelles.

Labyrinth

Le tout dernier disque de Khatia Buniatishvili, "Labyrinth", sort aujourd'hui, le 9 octobre, sous le label Sony. Enregistré entre le 16 et le 20 juin 2020 à la Philharmonie de Paris, ce disque très éclectique réuni sur un même pied d'égalité Ennio Morricone, Brahms ou encore Gainsbourg : "je n'avais pas peur de mettre Moriccone à coté de ces autres grands compositeurs".

Très proche de la musique du compositeur italien, décédé en juillet dernier, la pianiste y a gravé "Deborah's Theme" tiré d'Il était une fois en Amérique : "la musique de Morricone est très personnelle et en même temps universelle".
Véritable cheminement personnel gorgé d'émotions, ce disque se veut très introspectif tout en étant universel. 

A la treizième piste se trouve une invitée de marque : sa grande sœur, Gvantsa Buniatishvili, également pianiste. Les deux sœurs y interprètent le morceau "Pari intervallo", dans une version à quatre mains.

Khatia Buniatishvili a retrouvé récemment les salles de concerts. Elle a ainsi ouvert la saison de concerts de La Philharmonie de Paris en septembre dernier avec l'Orchestre de Paris dirigé par Marin Alsop. "C'était une belle rencontre avec Marin Alsop" déclare la pianiste au micro de Gabrielle Oliveira Guyon.
A la différence de certains chefs d'orchestre, avec qui "il y a beaucoup de jeux de pouvoir", Khatia Buniatishvili a grandement apprécié la collaboration avec Marin Alsop.

Les prochaines dates de concerts de Khatia Buniatishvili

  • 21 janvier 2021 : Fondation Louis Vuitton
  • 3 et 4 février 2021 : Philharmonie de Paris avec l’Orchestre de Paris, dirigé par Jaap van Zweden
  • 8 février : Opéra Berlioz de Montpellier 
  • 9 avril : Philharmonie de Paris 
  • 23 juin : Récital en duo avec sa sœur Gvantsa Buniatishvili à la Philharmonie de Paris
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